Vous avez sans doute remarqué que mes chroniques de sorties CD sont absolument partial et deliberement le fruit de coup de mes coups de coeur musicaux du moment (j'en ai un par jour !! vous n'avez pas fini..). Je ne sais pas si le boss supportera ça longtemps, meme si dieu sait combien on taffe comme a la mine, ici...
Le probleme c'est que je n'ai aucun a priori de style musicaux et, de la variéte la plus crasse a l'impro jazz la plus pointue, toutes les musiques sont susceptibles de me faire fremir soit l'esprit, soit les doigts de pied... Ca m'a valut, dans un lointain passé, de ne jamais trouver de musiciens assez "ouverts" pour tenter une aventure de groupe.
Ceci dit, (oui, pardonnez moi, c'est parti d'un jet, il fallait que j'exteriorise...), je vais rapidement vous parler d'un groupe californien de jeunes mecs qui etaient encore a la fac il y a peu. Il s'agit de Rooney.
Bon, Il ne faut pas refflechir, prendre ce rock ensoleillé et dynamisant comme il vient, c'est a dire en "consommateur". Cet album est le parfait contraire de celui de Daniel Darc precedemment chroniqué. C'est la joie de vivre de 5 petits Beach Boys, un peu versaillais qui s'exprime.
Ces jeunes membres de Rooney, sont alors encore à la fac et décident de troquer les bouquins pour des instruments de musique. Dans le line-up, on retrouve Ned Brower (batterie/choeurs), Taylor Locke (guitare/choeurs), Louis Stevens (claviers), Matthew Winter (basse) et Robert Schwartzman (chant/guitare). Ils choisissent leur nom de groupe en l’honneur du héro de "La Folle journée de Ferris Bueller", un film des années 1980. Après s’être construit un noyau de fans fidèle à Los Angeles et aux alentours, les cinq garçons de Rooney comment à recevoir des propositions des maisons de disques. En 2002, ils signent avec le label geffen. Après un premier album en 2003, écoulé à 500 000 exemplaires qui reçoit un très bon accueil de la presse internationale qui va jusqu’à les comparer aux Beatles (The New York Times) et des tournées mondiales avec Weezer et The Strokes, le groupe sort ce nouvel album intitulé "Calling The World", un opus qui mélange une pop acoustique et un rock électrique nerveux, jubilatoire, à mi-chemin entre un Rock Alternatif dépouillé et un Indie Rock mélodieux, parfait pour aller surfer, sa planche sous le bras, sans oublier ces relans 70's très caractéristiques du groupe. Pour l’anecdote, le chanteur, guitariste, auteur et compositeur du groupe, Robert Schwartzman, n’est autre que le cousin de Sofia Coppola. Robert a d’ailleurs joué dans Virgin Suicides. Leur musique rappelle le mouvement musical du milieu des années 80, le British Invasion rock ainsi que la musique pop de la même époque et a été comparé aux groupes The Beatles, The Cars and Blur, pas rien. Le site officiel de Rooney indique que le groupe "a réussi à capturer des éléments du passé des quatre dernière décennies et les rend modernes aujourd'hui" , mouais, le marketing ça en fait dire des choses..
Leur second album, donc, "Calling The World", sorti le 2 janvier 2008 est actuellement disponible. La formation veut tenter de faire aussi bien que son premier essai, avec ses 400 000 exemplaires vendus. Leur son pop/rock est ensoleillé, résolument jovial, et les textes rédigés par le chanteur Robert Schwartzman ont tout pour emporter l'adhésion des plus jeunes.....(hum... et pas qu'eux...ça devrait tourner sur mes platines quelque temps) A ecouter avec les Kooks, Ocean Colour Scene, Weezer et Maroon 5.. (j'aime beaucoup les jeunes.. mais n'en deduisez rien..)
Bref, depuis le premier album, Rooney a grandi et c'est tant mieux. Il affiné ses textes pour leur donner une autre envergure et poli sa musique pour la faire briller. En ingurgitant et tentant de faire sien une bonne partie des quarante dernières années de l'Histoire de la musique et de ses diverses influences, il lui redonne ses lettres de noblesse et surtout, la rend attirante et accessible à chacun, ce qui est déjà bien salutaire et mérite le respect. En tout cas moi, je ne tiens plus en place (ça ne durera pas.. vu l'age..) le single (video ci dessous) est irresistible. Essayez le le matin au reveil, c'est facile, ça "mange pas de pain", comme on dit chez nous...et vous verrez la peche d'enfer que ça vous procurera, personne ne vous arretera ! Rooney est promis a un beau succes et en route pour la gloire, comme dirait Bertrand (Cantat).
Rooney - When Did Your Heart Go Missing
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Album : Rooney - Calling the World (polydor)
acheter le cd :
http://rooney.artistes.universalmusic.fr/
http://www.rooney-band.com/
samedi 19 janvier 2008
Rooney, le retour de la cote ouest
Publié par
jeanphilippe56
à
1/19/2008 11:44:00 AM
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Libellés : beach boys, beatles, californie, calling world, geffen, kooks, los angeles, rock, rooney, surf
jeudi 20 décembre 2007
Joanna Newsom la féerie
Dotée de talents d'harpiste accomplie, Joanna Newsom est une delicieuse Californienne de 25 ans s'illustrant dans un folk mélodique et délicat.
Joanna Newsom commence à jouer de la harpe à l'âge de huit ans et apprend les techniques celtiques, sénégalaises, vénézuéliennes et occidentales classiques. Son premier enregistrement maison, "Walnut Whales", fût distribué à ses amis mais rapidement elle est contactée par des étrangers qui se sont procurés mystérieusement une copie. Parmi eux, Will Oldham (Palace, Bonnie Prince Billy) qui l'invite en tournée. Elle ouvrira ensuite pour son ami Devendra Banhart et pour Cat Power.
Harpiste classique de formation, la jeune Joanna Newsom a pour elle une forte personnalité, de celles qui trancheront net en deux camps ceux qui s'y reconnaîtront et ceux qui ne peuvent pas supporter ce chant haut perché, à la limite de l'insupportable parfois, je l'admets. Assez étrangement, c'est exactement à la même époque que sont apparues les soeurs Casady de CocoRosie et qui, elles, ont su rapidement sortir de l'anonymat. Quiconque a pu jeter une oreille sur "La Maison de Mon Rêve" ne sera pas dépaysé sur "The Milk Eyed Mender" ; les deux disques possèdent les mêmes qualités, mais j'ai tendance à croire que ce premier essai de Joanna Newsom est beaucoup plus gratifiant.
Joanna Newsom - Peach, Plum, Pear
Déjà auteur, compositeur et chanteuse du très bon "The Milk-Eyed Mender", la petite Joanna Newsom a enregistré son nouvelle album intitulé Ys et qui est composé de seulement 5 titres. Le contenu est aussi original que l'emballage, en effet, l'album est constitué de ces 5 titres qui ont pour durée de vie entre 7 et 17 minutes se qui s'avère un format très atypique pour un album de musique, autre que classique. On est devant un OVNI total du monde musical pop/folk, new folk,. sa voix harmonieuse et enchanteuse nous touche au plus profond. "Emily" surement le titre le plus accompli et peu-être le plus accéssible de l'album est d'une beauté imparable, restera graver à jamais dans ma mémoire, entre ses variations vocales délicieusement mélodiques et la présence presque unique d'une simple harpe, on se croirait dans un monde féérique. Ce côté hyper décalé m'a enchanté.
Ce deuxieme album s'intitule "Ys". Pleine d’une naïveté malicieuse, la voix de Joanna Newsom nous emmène à la manière d’une Alice au Pays des Merveilles dans un univers exotique et bohême, peuplé d’un bestiaire fantastique. Les singes y conversent avec les ours, le mythe de Sisyphe fait une apparition (Only Skin ), l’emploi du violon évoque les vieux Walt Disney, quant a Ys, c'est une ville légendaire de Bretagne, qui est censée avoir été construite dans la baie de Douarnenez, puis engloutie par l'océan. Ys était la plus belle et la plus impressionnante ville du monde (on dit d'ailleurs que Lutèce fut baptisée Paris car « Par Ys » en breton signifie « pareille à Ys »), mais devint rapidement la ville du péché, sous l'influence de la princesse Dahut qui y organisait des orgies et avait l'habitude de faire tuer ses amants une fois le matin venu. Si bien que Dieu décida de punir la ville pour sa décadence et l'engloutit sous les eaux. "les versions que l'on connaît ont été christianisées, cette idée que le christianisme a obscurci les vieilles légendes. L'histoire d'Ys veut qu'encore aujourd'hui, lorsque la mer est calme au nord de Douarnenez, on peut entendre les cloches de la cathédrale …».
JOANNA NEWSOM - Colleen
La voix de Joanna est toujours aussi belle et enfantine, entre Björk et Kate Bush. Elle parle avec la grâce d'une fée, de décadence et d'apocalypse, de déluges et d'îles englouties. Un monde aquatique et étrange, entre tsunamis et contes de fées, sa musique se range du côté de l'Art plutôt que de celui de la Pop (un peu à la manière de Kate Bush, qui elle-même oscillait sans cesse entre ces deux pôles), aussi mâture que Fiona Apple, aussi candide que Björk, j'en connais quelques unes qui devraient d'ores et déjà se méfier de cette étoile montante qui, si elle gère bien sa carrière, risque de s'imposer très vite.
Voilà comment la Californienne justifie la moyenne extraordinaire de 11 minutes le titre, sur son album: «Si j'avais pris en compte ce genre de paramètres, j'aurais tout arrêté. J'ai composé Ys en fonction de mes désirs et non de ce que les gens avaient prétendument envie d'entendre. La durée de mes chansons correspond aux histoires que je veux raconter, aux textes qui y sont essentiels. De mes études de composition, j'ai gardé le goût des formes longues. Elles sont naturelles, le seul moyen de développer des idées. L'année qui a précédé ce disque a été difficile. Des choses douloureuses ont eu lieu. L'écriture a été une manière poétique de réorganiser ce chaos.».
Une voix qui agace ou envoûte, une production assurée par Steve Albini et le mixage par Jim O'Rourke (ex-Sonic Youth). C'est Van Dyke Parks, connu pour son travail avec les Beach Boys, qui s'est occupé des arrangements.On ne peut que regretter la longueur de certaines chansons, notament "Only Skin" qui devient limite lourde sur sa fin. Un beau renouvellement en tous cas pour une artiste qui, à 24 ans à peine, promet fortement.
Ys est un album fort, pénétrant. Un album en marge aussi. Perdu entre plusieurs mondes et plusieurs époques, loin des modes mais jamais loin de la vie et de ses dépendances. A écouter donc. Au moins une fois.
Et comme si c'était super facile de pondre des titres aussi grandioses, Joanna Newsom a sorti en avril 2007 un EP de trois titres qui contient deux compositions réarrangées issues de ses deux précédentes oeuvres ainsi que la somptueuse Colleen, inédite baroque qui n'aurait vraiment pas dépareillée sur son album.
Joanna Newsom - The Book of Right On
Album : Joanna Newsom "Ys "(Drag City / Discograph)
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