Affichage des articles dont le libellé est bjork. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bjork. Afficher tous les articles

mardi 23 septembre 2008

HECTOR ZAZOU R.I.P....... le trépas d'un savant fou de sons


Voici une bien triste nouvelle que celle-ci. Hector Zazou est mort le 8 septembre 2008 à Paris, dans sa soixantième année. Né en Algérie, Hector Zazou mariait avec talent musiques actuelles et musiques du monde. Il laisse une quizaine d'albums dont le dernier doit paraître dans quelques jours (le 6 octobre), "In The House Of Mirrors".
" In The House Of Mirrors", enregistré en Inde, scellera ainsi la trajectoire nomade d'un compositeur influent mais demeuré en marge de toutes classifications. Ce savant fou, dont les pièces montées frappaient et déroutaient, sera tant regretté par des chanteuses audacieuses comme Björk ou la Suissesse Laurence Revey (dont il a réalisé Le Creux des Fées) que par des figures de la world music tels Peter Gabriel, Brian Eno, John Cale, Manu Dibango, Lisa Gerrard, Ryuichi Sakamoto, David Sylvian, Asia Argento ou le Congolais Bony Bikaye avec lequel il signa en 1983 Noir et Blanc, œuvre-jalon de la fusion afro-électronique. Même les acteurs Gérard Depardieu et Richard Bohringer, que Zazou a fait chanter en 1992 pour un hommage à Arthur Rimbaud (Sahara Blue) devraient pleurer ce créateur insatiable. Zazou savait embrasser dans des souffles toxiques traditions et expérimentations, en traqueur de mélodies, de tons et de climats aux flux et reflux subtils.


En 1976, sous le nom de ZNR (Hector Zazou au violon et claviers et Joseph Racaille) sort l'album "Barricades", un disque bizarroïde aux influences diverses: la musique de chambre, le krautrock, le piano d'Erik Satie. De l'avant-garde cérébrale. Ils sortiront une seconde plaque au titre léger "Traité de Mécanique Populaire". Son premier album solo sort en 1979 "La Perversita", de la musique érotique (sic!).Sa production sera abondante (plus de 20 disques) et éclectique. Hector n'a cessé de surprendre à chaque nouvelle oeuvre. "Noir et Blanc", en 1983, pose les jalons de la fusion afro-électronique. En 1991, il est lauréat aux Victoires de la Musique pour le CD "Les Nouvelles Polyphonies Corses". Ce disque signait la rencontre entre les chants corses a capella et des musiciens tels que John Cale, Manu Dibango et Ryuichi Sakamoto. En 1992, il produit "Sahara Blue", un hommage à Arthur Rimbaud sur lequel on retrouve Gerard Depardieu, Khaled ou Tim Simenon.Son approche novatrice lui vaudra le respect des musiciens les plus influents de cette fin du vingtième siècle. "Chansons des Mers Froides" le verra collaborer avec Björk (elle chantera en islandais pour l'occasion), Suzanne Vega, Siouxsie, Jane Siberry, Värtinna + quelques incantations de chanteurs Inuits ou Shamans.Son dernier album, plus electro/rock, "Corps électriques", avec notamment Nils Petter Molvaer à la trompette, est sorti en ce début d'année 2008. Crammed Discs devait sortir "In the House of Mirrors" enregistré à Bombay avec des instrumentalistes indiens et ousbèques, en octobre. La maladie l'a emporté de l'autre côté du miroir.

From 'Songs From the Cold Seas'. "Visur Vatnsenda-Rosu" with Bjork

Du rock impressionniste de ses débuts avec Joseph Racaille au sein de ZNR à son défrichage pionnier des traditions africaines au début des années 80, de l'exploration des musiques ancestrales de l'hémisphère Nord aux chants séculaires celtes, tibétains ou corses (Les nouvelles polyphonies corses, sacré aux Victoires de la musique 1992 grâce à la rencontre entre vocalises de l'île méditerranéenne et de musiciens actuels comme Ryuichi Sakamoto ou John Cale), de l'électro aux dissonances électriques, ses productions continueront d'illustrer une quête de textures novatrices.
Zazou a cherché aussi bien les mariages déraisonnables que les unions fusionnelles. De grands écarts qui ont participé à la notoriété internationale du natif de Sidi bel Abbès en Algérie. Strong Currents, album inouï paru il y a quatre ans, constitue un exemple emblématique de son travail sur les voix sidérales. Ce miroir langoureux du culte Chansons des mers froides (avec Björk et Suzanne Vega, 1994) réunissait les chants capiteux et méconnaissables de Laurie Anderson ou Jane Birkin.
Explorateur fasciné des musiques du monde, pionnier des expérimentations électroniques, amoureux des voix féminines et des quatuors à cordes, arrangeur délicat et amateur de rock étrange, Hector Zazou n'a cessé de surprendre à chaque nouvel album, naviguant entre les genres pour créer les mélanges les plus subtils.
Il fait partie de ces musiciens dont on ne sait plus s’ils pensent ou jouent le plus. "Ce qui m’intéresse, c’est le son même. Le moment où j’enregistre n’est pas le moment qui m’intéresse le plus", nous avait-il confié. Moyennant quoi, il joue de tous les instruments : "S’il faut souffler dans un truc pour produire un son, je veux bien le faire. Mais si j’enregistre une partie de guitare, je vais passer plus de temps à la travailler ensuite." Mais il parvient à devenir virtuose – un des meilleurs – d’un instrument que l’on utilise en général pour ses vertus d’habillage sonore, le theremin. "De temps en temps, j’en joue bien ; de temps en temps, j’en joue très mal. La machine elle-même a ses caprices…"

Avec Hector Zazou, on ne sait pas si c’est le premier des postmodernes ou le dernier des hommes de la Renaissance qui a disparu le 8 septembre. Touche-à-tout et avant-gardiste, élitaire et populaire, généreux et retenu, savant et instinctif, il laisse une œuvre singulière, rare, diverse, contrastée, une œuvre sur laquelle il est difficile de tracer des lignes de force et de cohérence, tant il a exploré de lieux variés dans les musiques populaires du XXe siècle. Le voyage de ce grand nomade des musiques aurait pu continuer à l’infini. La vie en a décidé autrement. Nous avons perdu un musicien unique au monde
Lors de la cérémonie funéraire, il y eut un instant magique et bouleversant. Sa dernière campagne, une jeune chanteuse, Lidwine de Royer, entonna a capella, d’une voix pure et aérienne, une des chansons favorites d’Hector, « The river of no return », jadis fredonnée par Marilyn Monroe dans le film du même nom, « La rivière sans retour ».
Les Anglais ont Peter Gabriel, les Américains David Byrne, les Français Hector Zazou", écrivit un jour Jean François Bizot. Une phrase souvent reprise dans les bios de Zazou, de même que cette citation d’Hector lui-même : « A quoi sert la musique, si ce n’est à changer le monde ? ».

http://www.musicoperator.com/
http://www.takticmusic.com/artistes/zazou/zazou_frames.html
http://www.crammed.be/news/index.htm

Hector Zazou: discographie
ZNR (Zazou-Racaille): Barricades 3 (RCA, 1976)ZNR (Zazou-Racaille): Traité de Mécanique Populaire (Invisible, 1978)Hector Zazou: La Perversita (Scopa,1979)Hector Zazou/Papa Wemba: Malimba (maxi Crammed, 1982)Zazou/Bikaye:Noir & Blanc (Crammed, 1983)Hector Zazou: Géographies (Crammed, 1985)Zazou/Bikaye: Mr Manager (Crammed, 1985)Hector Zazou: Reivax au BongoHYPERLINK "../../mtm/mtm.htm" \l "mtm2" (Crammed, 1986)W/ Ray Lema, Bony Bikaye, Kanda Bongo Zazou/Bikaye: Guilty (Crammed, 1988)Hector Zazou: Géologies (Crammed, 1988)Hector Zazou & Les Nouvelles Polyphonies Corses"(Universal, 1991)Hector Zazou : Sahara Blue (Crammed, 1992), w/Ryuichi Sakamoto, Gérard Depardieu, John Cale, Tim Simenon, Bill Laswell, Khaled etcHector Zazou : Songs From The Cold Seas (Sony, 1995) w/Björk, Suzanne Vega, Siouxsie etcHector Zazou & Harold Budd : Glyph (Crammed, 1995)Barbara Gogan & Hector Zazou: Made On Earth (Crammed, 1997)Hector Zazou: Lights In The Dark (Warner, 1998)Hector Zazou & Sandy Dillon: 12 (Las Vegas Is Cursed) (Crammed, 2001)Hector Zazou: Strong Currents (Materiali Sonori, 2003) w/Laurie Anderson, Lisa Germano, Jane Birkin etcHector Zazou & Bernard Caillaud: Quadri{+}Chromies (Taktic Music/Materiali Sonori, 2006)Hector Zazou : Corps Electriques (Signature/Radio France, 2008) w/Katie Jane Garside, Nils Petter Molvaer etc








jeudi 20 décembre 2007

Joanna Newsom la féerie

Dotée de talents d'harpiste accomplie, Joanna Newsom est une delicieuse Californienne de 25 ans s'illustrant dans un folk mélodique et délicat.

Joanna Newsom commence à jouer de la harpe à l'âge de huit ans et apprend les techniques celtiques, sénégalaises, vénézuéliennes et occidentales classiques. Son premier enregistrement maison, "Walnut Whales", fût distribué à ses amis mais rapidement elle est contactée par des étrangers qui se sont procurés mystérieusement une copie. Parmi eux, Will Oldham (Palace, Bonnie Prince Billy) qui l'invite en tournée. Elle ouvrira ensuite pour son ami Devendra Banhart et pour Cat Power.

Photobucket

Harpiste classique de formation, la jeune Joanna Newsom a pour elle une forte personnalité, de celles qui trancheront net en deux camps ceux qui s'y reconnaîtront et ceux qui ne peuvent pas supporter ce chant haut perché, à la limite de l'insupportable parfois, je l'admets. Assez étrangement, c'est exactement à la même époque que sont apparues les soeurs Casady de CocoRosie et qui, elles, ont su rapidement sortir de l'anonymat. Quiconque a pu jeter une oreille sur "La Maison de Mon Rêve" ne sera pas dépaysé sur "The Milk Eyed Mender" ; les deux disques possèdent les mêmes qualités, mais j'ai tendance à croire que ce premier essai de Joanna Newsom est beaucoup plus gratifiant.



Joanna Newsom - Peach, Plum, Pear

Déjà auteur, compositeur et chanteuse du très bon "The Milk-Eyed Mender", la petite Joanna Newsom a enregistré son nouvelle album intitulé Ys et qui est composé de seulement 5 titres. Le contenu est aussi original que l'emballage, en effet, l'album est constitué de ces 5 titres qui ont pour durée de vie entre 7 et 17 minutes se qui s'avère un format très atypique pour un album de musique, autre que classique. On est devant un OVNI total du monde musical pop/folk, new folk,. sa voix harmonieuse et enchanteuse nous touche au plus profond. "Emily" surement le titre le plus accompli et peu-être le plus accéssible de l'album est d'une beauté imparable, restera graver à jamais dans ma mémoire, entre ses variations vocales délicieusement mélodiques et la présence presque unique d'une simple harpe, on se croirait dans un monde féérique. Ce côté hyper décalé m'a enchanté.

Photobucket


Ce deuxieme album s'intitule "Ys". Pleine d’une naïveté malicieuse, la voix de Joanna Newsom nous emmène à la manière d’une Alice au Pays des Merveilles dans un univers exotique et bohême, peuplé d’un bestiaire fantastique. Les singes y conversent avec les ours, le mythe de Sisyphe fait une apparition (Only Skin ), l’emploi du violon évoque les vieux Walt Disney, quant a Ys, c'est une ville légendaire de Bretagne, qui est censée avoir été construite dans la baie de Douarnenez, puis engloutie par l'océan. Ys était la plus belle et la plus impressionnante ville du monde (on dit d'ailleurs que Lutèce fut baptisée Paris car « Par Ys » en breton signifie « pareille à Ys »), mais devint rapidement la ville du péché, sous l'influence de la princesse Dahut qui y organisait des orgies et avait l'habitude de faire tuer ses amants une fois le matin venu. Si bien que Dieu décida de punir la ville pour sa décadence et l'engloutit sous les eaux. "les versions que l'on connaît ont été christianisées, cette idée que le christianisme a obscurci les vieilles légendes. L'histoire d'Ys veut qu'encore aujourd'hui, lorsque la mer est calme au nord de Douarnenez, on peut entendre les cloches de la cathédrale …».



JOANNA NEWSOM - Colleen

La voix de Joanna est toujours aussi belle et enfantine, entre Björk et Kate Bush. Elle parle avec la grâce d'une fée, de décadence et d'apocalypse, de déluges et d'îles englouties. Un monde aquatique et étrange, entre tsunamis et contes de fées, sa musique se range du côté de l'Art plutôt que de celui de la Pop (un peu à la manière de Kate Bush, qui elle-même oscillait sans cesse entre ces deux pôles), aussi mâture que Fiona Apple, aussi candide que Björk, j'en connais quelques unes qui devraient d'ores et déjà se méfier de cette étoile montante qui, si elle gère bien sa carrière, risque de s'imposer très vite.
Voilà comment la Californienne justifie la moyenne extraordinaire de 11 minutes le titre, sur son album: «Si j'avais pris en compte ce genre de paramètres, j'aurais tout arrêté. J'ai composé Ys en fonction de mes désirs et non de ce que les gens avaient prétendument envie d'entendre. La durée de mes chansons correspond aux histoires que je veux raconter, aux textes qui y sont essentiels. De mes études de composition, j'ai gardé le goût des formes longues. Elles sont naturelles, le seul moyen de développer des idées. L'année qui a précédé ce disque a été difficile. Des choses douloureuses ont eu lieu. L'écriture a été une manière poétique de réorganiser ce chaos.».

Photobucket


Une voix qui agace ou envoûte, une production assurée par Steve Albini et le mixage par Jim O'Rourke (ex-Sonic Youth). C'est Van Dyke Parks, connu pour son travail avec les Beach Boys, qui s'est occupé des arrangements.On ne peut que regretter la longueur de certaines chansons, notament "Only Skin" qui devient limite lourde sur sa fin. Un beau renouvellement en tous cas pour une artiste qui, à 24 ans à peine, promet fortement.
Ys est un album fort, pénétrant. Un album en marge aussi. Perdu entre plusieurs mondes et plusieurs époques, loin des modes mais jamais loin de la vie et de ses dépendances. A écouter donc. Au moins une fois.
Et comme si c'était super facile de pondre des titres aussi grandioses, Joanna Newsom a sorti en avril 2007 un EP de trois titres qui contient deux compositions réarrangées issues de ses deux précédentes oeuvres ainsi que la somptueuse Colleen, inédite baroque qui n'aurait vraiment pas dépareillée sur son album.



Joanna Newsom - The Book of Right On

Album : Joanna Newsom "Ys "(Drag City / Discograph)

http://www.dragcity.com/bands/">http://www.dragcity.com/bands/newsom.html">http://www.dragcity.com/bands/newsom.html
http://www.walnutwhales.com/">http://www.walnutwhales.com/
">http://www.walnutwhales.com/