Le pianiste suédois, leader de la formation jazz Esbjörn Svensson Trio (EST) est décédé dans un accident de plongée ce weekend dans l'archipel de Stockholm. Les médias suédois ont rapporté qu'Esbjörn Svensson avait plongé avec un groupe, accompagné d'un instructeur dans la Baltique quand il a soudainement disparu. Âgé de 44 ans, il était marié et père de deux enfants
À la tête du Esbjörn Svensson Trio (E.S.T.), complété par le contrebassiste Dan Berglund et le batteur Magnus Öström, le pianiste a contribué à moderniser le jazz et à le rapprocher d'un public plus jeune. En s'inspirant des codes de la musique électronique, il a créé des compositions où s'entrelaçaient et se répétaient des motifs accrocheurs. On doit à Svensson d'avoir fait venir au jazz un public plus jeune en participant au renouveau du genre. Son groupe était un des rares de ce niveau à attirer vers le jazz des oreilles qui y étaient étrangères ou peu familières, sans jamais sacrifier aucune exigence ni sans jamais se lasser d'aucune exploration. On se souviendra d'un jeu très élégant, post-jarrettien dans sa mélancolie aqueuse et son mouvement vers la transe, et bien sûr des brèches qui se seront ouvertes dans le jazz, e.s.t. ayant incorporé l'électronique d'une manière qui ne fût pas d'agrément (tentation à laquelle succomba parfois Miles Davis), mais au contraire constitutive, au même titre que le choix de tel ou tel instrument, d'une esthétique finalement très pure. EST c'était un trio bien repésentatif du jazz de ces 10 dernières années, un jazz décomplexé, presque, qui ne craint pas de fleurter avec le rock, l'electro ou la pop, qui n'a pas peur de la popularité et du grand public, qui ne postule pas à tous coups une supériorité de la marge, du groupuscule ou de l'underground, un groove aussi sophistiqué qu’irrésistible et un grand sens dramaturgique sur scène. Du rock, E.S.T. récupèrait l'énergie, les mélodies accrocheuses pour l'oreille, et un certain sens du bidouillage électronique du son, et du jazz, il gardait l'exigence harmonique et rythmique, et le rôle centrale de l'improvisation, de l'aventure risque-tout tout-à-fond. Une popularité unique dans sa génération, qui mêle M. Tout-le-Monde et les lecteurs les plus exigeants de Jazz Magazine, jeunes ravers et nostalgiques du premier âge du jazz nordique…
Esbjörn Svensson etait un musicien nourri à des sources variées mais cohérentes : Keith Jarrett et le post-rock de Tortoise, le jazz-rock américain dans son versant le plus accessible comme quelques roideurs du jazz nordique…
E.S.T - from gagarin's point of vie
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On doit à E.S.T. un jazz limpide, riche et sobre à la fois, servi par un son très identifiable dû autant à l’originalité musicale qu’à un recours subtil à l’électronique – d’où des sonorités parfois audacieuses (« Carcrash », morceau de 18 minutes dans « Strange Place For Snow », 2002.). E.S.T.a produit une douzaine de disques (chez l’éditeur allemand ACT) dont « From Gagarin’s point of view » qui, en 1999, l’a fait connaître en France. Là comme ailleurs, l’audience du trio a souvent dépassé les seules sphères du jazz. En 2002 son album "Strange Place for Snow", a obtenu une série de récompenses jazzistiques, dont le Guinness Jazz in Europe Award et le prix international aux BBC Jazz Awards. En 2005, le trio de Svensson a obtenu une autre consécration en devenant le premier groupe de jazz européen à faire la "une" du prestigieux magazine de jazz américain Downbeat.
Esbjorn Svensson Trio - Dodge The Dodo
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Dans une époque de confusion et de médiocrité créative, ce trio de musicien suédois prouvait, depuis plus de dix ans, qu’il etait possible d’assurer un véritable parcours individuel et engagé grâce à une combinaison de piano jazz, de rock instrumental et (pourquoi pas) une touche d’éclectisme nord-européen. Dan Berglund, contrebasse et Magnus Öström, batterie, se retrouvent évidemment comme orphelins musicaux, même s’ils sont tous trois de la même génération ; même si le succès du groupe revenait à chacun d’eux qui, d’ailleurs, co-signait les compositions. Comme pianiste, Esbjörn Svensson se référait à Keith Jarrett et à Chick Corea, influences dont il avait su se démarquer. Il a aussi composé, exprès pour sa belle, la chanteuse Viktoria Tolstoy (arrière petite fille de l’écrivain russe), la musique d’un album, « Shining on you ».
E.S.T. venait d'achever la réalisation de "Leucocyte", douzième (et donc ultime) album du trio, pour le label allemand ACT. La sortie en était prévue le 26 septembre prochain. Nous l’écouterons la gorge serrée. "Musicalement, il était la lumière du monde, car son oeuvre faisait reculer les frontières. Il disait suivre la musique à l'intérieur de lui-même », a déclaré le gérant d'E.S.T., Burkhard Hopper. EST était un trio passionnant, riche d'une potentialité extraordinairement fertile . Potentialité qui a coulée lundi, au large de Stockholm...«
Site : http://www.est-...music.com/
mercredi 18 juin 2008
Mort de Esbjörn Svensson (16/06/2008)
Publié par
jeanphilippe56
à
6/18/2008 03:18:00 PM
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lundi 17 décembre 2007
Hiromi Uehara : retour au jazz couillu
La pianiste Hiromi Uehara pourrait bien devenir la prochaine sensation de la planète jazz.
Pianiste hallucinante, Hiromi Uehara a de quoi nous surprendre : une technique époustouflante, un sens du rythme et une énergie incroyable. Elle fait preuve de subtilité dans les morceaux plus détendus et sait aussi s’effacer pour laisser aux musiciens qui l’accompagnent toute latitude pour s’exprimer en trio, en quartette ou quintet. Tout en s’inscrivant dans la tradition du jazz, sa musique, pimentée d’originalité, dévoile une personnalité très affirmée.
Hiromi Uehara, en plus d'être jolie comme tout, développe une fusion incroyable avec son piano ! Par instants, on dirait Amhad Jamal... en japonaise ! La jeune femme a commencé à jouer du piano classique à six ans. Deux ans plus tard, elle découvre le jazz et commence dès lors à improviser et à composer. Avant d'arriver aux States, elle traînait déjà une jolie feuille de route derrière elle. Parmi les faits saillants, on compte des jingles tv pour Nissan, une performance avec le Czech Philharmonic de Tchécoslovaquie et même un jam avec Chick Corea lors d'un concert à Tokyo. "J'aime le défi. J'aime rencontrer les situations les plus difficiles possible. C'est à ce moment-là que je suis à mon meilleur", dit-elle. Si Hiromi attire de plus en plus l'attention sur elle, c'est non seulement pour la qualité et l'originalité de sa musique, mais aussi pour ses impressionnantes performances. À preuve, la vidéo qu'on peut visionner. La jeune femme joue avec fougue, passion et énergie. "La meilleure place pour jouer de la musique, c'est sur scène. Je joue de la musique parce que je peux jouer sur une scène. C'est comme une communion, dit-elle au bout du fil. Je reçois l'énergie du public et leur retransmet."
Return To Kung Fu - Hiromi Uehara (une tuerie !)
La flamboyante pianiste de 28 ans mêle allégrement le jazz, le classique, le rock, le funk et même le punk. Originaire du Japon, Hiromi a déménagé aux États-Unis en 1999 pour poursuivre son cheminement musical "là où ça se passe", comme on dit. Après avoir fureté à travers différents programmes, elle choisit celui du Berklee College of Music de Boston pour se consacrer à la composition jazz. Elle y rencontre son mentor, le bassiste de jazz Richard Evans, qui coproduit son premier album, Another Mind, vendu à 100 000 exemplaires et désigné "album jazz de l'année" dans son pays d'origine. Elle lance ensuite un second album, intitulé Brain.
Vient ensuite le 3eme album "spiral". En fait, l'oeuvre n'est plus du tout dans le même esprit que les précédentes. On sent un très grande maturité, maturité sensiblement amorcée avec 'Brain' par rapport à 'Another Mind'. C'est très intimiste. Il y a moins d'élans et beaucoup plus de réserve. La virtuosité est un peu plus contenue et laisse plus de place au travail orchestral. C'est une oeuvre à mon avis plus difficile. Alors qu'elle est maintenant présentée comme étant un prodige du monde du jazz, Hiromi ne cesse de séduire et d'épater par sa technique, son agilité et son énergie. Avec du nouveau matériel en poche et un nouvel album intitulé "Time Control", Hiromi montera sur scène en formation trio afin de faire découvrir son style unique et son talent indéniable. Laissant transparaître ses émotions à travers son œuvre, Hiromi repousse les limites toujours plus loin et multiplie les prouesses. Hiromi Uehara est une pianiste hypersensible, au courant de tout autour d'elle alors quand elle joue. Pendant un concert, un téléphone cellulaire a sonné, elle a rapidement joué un accord fondé sur la sonnerie pour faciliter l'interruption, et à diminuer l'embarras pour le délinquant...
Contrairement aux trois précédents albums, "Time Control" est un effort collectif, ce qui explique sa parution sous le nom de Hiromi’s Sonicbloom, entité regroupant ses acolytes, le bassiste anglais Tony Grey et le batteur slovaque Martin Valihora, et incluant la participation du versatile guitariste David Fiuczynski.
Hiromi Uehara a hypnotisé la communauté de jazz américaine. Son style unique offre une musique contemporaine, qui tire ses influences de Bach, Franz Liszt et Oscar Peterson, allant du jazz progressif au jazz acoustique. Jamais coup de pied au cul au Jazz n'aura été aussi grâcieux. Ce p'tit bout de femme, mignonne en diable en plus, qui fait des trucs incroyables avec son synthé et son piano à queue, son doigté magnifique, son toucher supraluminique, sa pêche hallucinante, ses petites minauderies , son jeu sexy, ses oeillades harmoniques... ferait se damner bien des jazzmen passés et presents....Je me prend a rever d'une formation composée d'Hiromi et de Benoit Wideman, aux claviers, de Christian Vander a la batterie et de Janik Top a la basse.....hummmmmmmm !
XYZ - Hiromi Uehara
Album : Hiromi Uehara - "Time Control" - Telarc / Socadisc
http://www.hiromimusic.com/
http://www.myspace.com/hiromimusic
"La vie ressemble beaucoup au jazz. Elle est plus belle quand on improvise" Gershwin
Publié par
jeanphilippe56
à
12/17/2007 07:40:00 AM
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