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mardi 23 septembre 2008

HECTOR ZAZOU R.I.P....... le trépas d'un savant fou de sons


Voici une bien triste nouvelle que celle-ci. Hector Zazou est mort le 8 septembre 2008 à Paris, dans sa soixantième année. Né en Algérie, Hector Zazou mariait avec talent musiques actuelles et musiques du monde. Il laisse une quizaine d'albums dont le dernier doit paraître dans quelques jours (le 6 octobre), "In The House Of Mirrors".
" In The House Of Mirrors", enregistré en Inde, scellera ainsi la trajectoire nomade d'un compositeur influent mais demeuré en marge de toutes classifications. Ce savant fou, dont les pièces montées frappaient et déroutaient, sera tant regretté par des chanteuses audacieuses comme Björk ou la Suissesse Laurence Revey (dont il a réalisé Le Creux des Fées) que par des figures de la world music tels Peter Gabriel, Brian Eno, John Cale, Manu Dibango, Lisa Gerrard, Ryuichi Sakamoto, David Sylvian, Asia Argento ou le Congolais Bony Bikaye avec lequel il signa en 1983 Noir et Blanc, œuvre-jalon de la fusion afro-électronique. Même les acteurs Gérard Depardieu et Richard Bohringer, que Zazou a fait chanter en 1992 pour un hommage à Arthur Rimbaud (Sahara Blue) devraient pleurer ce créateur insatiable. Zazou savait embrasser dans des souffles toxiques traditions et expérimentations, en traqueur de mélodies, de tons et de climats aux flux et reflux subtils.


En 1976, sous le nom de ZNR (Hector Zazou au violon et claviers et Joseph Racaille) sort l'album "Barricades", un disque bizarroïde aux influences diverses: la musique de chambre, le krautrock, le piano d'Erik Satie. De l'avant-garde cérébrale. Ils sortiront une seconde plaque au titre léger "Traité de Mécanique Populaire". Son premier album solo sort en 1979 "La Perversita", de la musique érotique (sic!).Sa production sera abondante (plus de 20 disques) et éclectique. Hector n'a cessé de surprendre à chaque nouvelle oeuvre. "Noir et Blanc", en 1983, pose les jalons de la fusion afro-électronique. En 1991, il est lauréat aux Victoires de la Musique pour le CD "Les Nouvelles Polyphonies Corses". Ce disque signait la rencontre entre les chants corses a capella et des musiciens tels que John Cale, Manu Dibango et Ryuichi Sakamoto. En 1992, il produit "Sahara Blue", un hommage à Arthur Rimbaud sur lequel on retrouve Gerard Depardieu, Khaled ou Tim Simenon.Son approche novatrice lui vaudra le respect des musiciens les plus influents de cette fin du vingtième siècle. "Chansons des Mers Froides" le verra collaborer avec Björk (elle chantera en islandais pour l'occasion), Suzanne Vega, Siouxsie, Jane Siberry, Värtinna + quelques incantations de chanteurs Inuits ou Shamans.Son dernier album, plus electro/rock, "Corps électriques", avec notamment Nils Petter Molvaer à la trompette, est sorti en ce début d'année 2008. Crammed Discs devait sortir "In the House of Mirrors" enregistré à Bombay avec des instrumentalistes indiens et ousbèques, en octobre. La maladie l'a emporté de l'autre côté du miroir.

From 'Songs From the Cold Seas'. "Visur Vatnsenda-Rosu" with Bjork

Du rock impressionniste de ses débuts avec Joseph Racaille au sein de ZNR à son défrichage pionnier des traditions africaines au début des années 80, de l'exploration des musiques ancestrales de l'hémisphère Nord aux chants séculaires celtes, tibétains ou corses (Les nouvelles polyphonies corses, sacré aux Victoires de la musique 1992 grâce à la rencontre entre vocalises de l'île méditerranéenne et de musiciens actuels comme Ryuichi Sakamoto ou John Cale), de l'électro aux dissonances électriques, ses productions continueront d'illustrer une quête de textures novatrices.
Zazou a cherché aussi bien les mariages déraisonnables que les unions fusionnelles. De grands écarts qui ont participé à la notoriété internationale du natif de Sidi bel Abbès en Algérie. Strong Currents, album inouï paru il y a quatre ans, constitue un exemple emblématique de son travail sur les voix sidérales. Ce miroir langoureux du culte Chansons des mers froides (avec Björk et Suzanne Vega, 1994) réunissait les chants capiteux et méconnaissables de Laurie Anderson ou Jane Birkin.
Explorateur fasciné des musiques du monde, pionnier des expérimentations électroniques, amoureux des voix féminines et des quatuors à cordes, arrangeur délicat et amateur de rock étrange, Hector Zazou n'a cessé de surprendre à chaque nouvel album, naviguant entre les genres pour créer les mélanges les plus subtils.
Il fait partie de ces musiciens dont on ne sait plus s’ils pensent ou jouent le plus. "Ce qui m’intéresse, c’est le son même. Le moment où j’enregistre n’est pas le moment qui m’intéresse le plus", nous avait-il confié. Moyennant quoi, il joue de tous les instruments : "S’il faut souffler dans un truc pour produire un son, je veux bien le faire. Mais si j’enregistre une partie de guitare, je vais passer plus de temps à la travailler ensuite." Mais il parvient à devenir virtuose – un des meilleurs – d’un instrument que l’on utilise en général pour ses vertus d’habillage sonore, le theremin. "De temps en temps, j’en joue bien ; de temps en temps, j’en joue très mal. La machine elle-même a ses caprices…"

Avec Hector Zazou, on ne sait pas si c’est le premier des postmodernes ou le dernier des hommes de la Renaissance qui a disparu le 8 septembre. Touche-à-tout et avant-gardiste, élitaire et populaire, généreux et retenu, savant et instinctif, il laisse une œuvre singulière, rare, diverse, contrastée, une œuvre sur laquelle il est difficile de tracer des lignes de force et de cohérence, tant il a exploré de lieux variés dans les musiques populaires du XXe siècle. Le voyage de ce grand nomade des musiques aurait pu continuer à l’infini. La vie en a décidé autrement. Nous avons perdu un musicien unique au monde
Lors de la cérémonie funéraire, il y eut un instant magique et bouleversant. Sa dernière campagne, une jeune chanteuse, Lidwine de Royer, entonna a capella, d’une voix pure et aérienne, une des chansons favorites d’Hector, « The river of no return », jadis fredonnée par Marilyn Monroe dans le film du même nom, « La rivière sans retour ».
Les Anglais ont Peter Gabriel, les Américains David Byrne, les Français Hector Zazou", écrivit un jour Jean François Bizot. Une phrase souvent reprise dans les bios de Zazou, de même que cette citation d’Hector lui-même : « A quoi sert la musique, si ce n’est à changer le monde ? ».

http://www.musicoperator.com/
http://www.takticmusic.com/artistes/zazou/zazou_frames.html
http://www.crammed.be/news/index.htm

Hector Zazou: discographie
ZNR (Zazou-Racaille): Barricades 3 (RCA, 1976)ZNR (Zazou-Racaille): Traité de Mécanique Populaire (Invisible, 1978)Hector Zazou: La Perversita (Scopa,1979)Hector Zazou/Papa Wemba: Malimba (maxi Crammed, 1982)Zazou/Bikaye:Noir & Blanc (Crammed, 1983)Hector Zazou: Géographies (Crammed, 1985)Zazou/Bikaye: Mr Manager (Crammed, 1985)Hector Zazou: Reivax au BongoHYPERLINK "../../mtm/mtm.htm" \l "mtm2" (Crammed, 1986)W/ Ray Lema, Bony Bikaye, Kanda Bongo Zazou/Bikaye: Guilty (Crammed, 1988)Hector Zazou: Géologies (Crammed, 1988)Hector Zazou & Les Nouvelles Polyphonies Corses"(Universal, 1991)Hector Zazou : Sahara Blue (Crammed, 1992), w/Ryuichi Sakamoto, Gérard Depardieu, John Cale, Tim Simenon, Bill Laswell, Khaled etcHector Zazou : Songs From The Cold Seas (Sony, 1995) w/Björk, Suzanne Vega, Siouxsie etcHector Zazou & Harold Budd : Glyph (Crammed, 1995)Barbara Gogan & Hector Zazou: Made On Earth (Crammed, 1997)Hector Zazou: Lights In The Dark (Warner, 1998)Hector Zazou & Sandy Dillon: 12 (Las Vegas Is Cursed) (Crammed, 2001)Hector Zazou: Strong Currents (Materiali Sonori, 2003) w/Laurie Anderson, Lisa Germano, Jane Birkin etcHector Zazou & Bernard Caillaud: Quadri{+}Chromies (Taktic Music/Materiali Sonori, 2006)Hector Zazou : Corps Electriques (Signature/Radio France, 2008) w/Katie Jane Garside, Nils Petter Molvaer etc








mercredi 18 juin 2008

Mort de Esbjörn Svensson (16/06/2008)


Le pianiste suédois, leader de la formation jazz Esbjörn Svensson Trio (EST) est décédé dans un accident de plongée ce weekend dans l'archipel de Stockholm. Les médias suédois ont rapporté qu'Esbjörn Svensson avait plongé avec un groupe, accompagné d'un instructeur dans la Baltique quand il a soudainement disparu. Âgé de 44 ans, il était marié et père de deux enfants
À la tête du Esbjörn Svensson Trio (E.S.T.), complété par le contrebassiste Dan Berglund et le batteur Magnus Öström, le pianiste a contribué à moderniser le jazz et à le rapprocher d'un public plus jeune. En s'inspirant des codes de la musique électronique, il a créé des compositions où s'entrelaçaient et se répétaient des motifs accrocheurs. On doit à Svensson d'avoir fait venir au jazz un public plus jeune en participant au renouveau du genre. Son groupe était un des rares de ce niveau à attirer vers le jazz des oreilles qui y étaient étrangères ou peu familières, sans jamais sacrifier aucune exigence ni sans jamais se lasser d'aucune exploration. On se souviendra d'un jeu très élégant, post-jarrettien dans sa mélancolie aqueuse et son mouvement vers la transe, et bien sûr des brèches qui se seront ouvertes dans le jazz, e.s.t. ayant incorporé l'électronique d'une manière qui ne fût pas d'agrément (tentation à laquelle succomba parfois Miles Davis), mais au contraire constitutive, au même titre que le choix de tel ou tel instrument, d'une esthétique finalement très pure. EST c'était un trio bien repésentatif du jazz de ces 10 dernières années, un jazz décomplexé, presque, qui ne craint pas de fleurter avec le rock, l'electro ou la pop, qui n'a pas peur de la popularité et du grand public, qui ne postule pas à tous coups une supériorité de la marge, du groupuscule ou de l'underground, un groove aussi sophistiqué qu’irrésistible et un grand sens dramaturgique sur scène. Du rock, E.S.T. récupèrait l'énergie, les mélodies accrocheuses pour l'oreille, et un certain sens du bidouillage électronique du son, et du jazz, il gardait l'exigence harmonique et rythmique, et le rôle centrale de l'improvisation, de l'aventure risque-tout tout-à-fond. Une popularité unique dans sa génération, qui mêle M. Tout-le-Monde et les lecteurs les plus exigeants de Jazz Magazine, jeunes ravers et nostalgiques du premier âge du jazz nordique…
Esbjörn Svensson etait un musicien nourri à des sources variées mais cohérentes : Keith Jarrett et le post-rock de Tortoise, le jazz-rock américain dans son versant le plus accessible comme quelques roideurs du jazz nordique…


E.S.T - from gagarin's point of vie
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On doit à E.S.T. un jazz limpide, riche et sobre à la fois, servi par un son très identifiable dû autant à l’originalité musicale qu’à un recours subtil à l’électronique – d’où des sonorités parfois audacieuses (« Carcrash », morceau de 18 minutes dans « Strange Place For Snow », 2002.). E.S.T.a produit une douzaine de disques (chez l’éditeur allemand ACT) dont « From Gagarin’s point of view » qui, en 1999, l’a fait connaître en France. Là comme ailleurs, l’audience du trio a souvent dépassé les seules sphères du jazz. En 2002 son album "Strange Place for Snow", a obtenu une série de récompenses jazzistiques, dont le Guinness Jazz in Europe Award et le prix international aux BBC Jazz Awards. En 2005, le trio de Svensson a obtenu une autre consécration en devenant le premier groupe de jazz européen à faire la "une" du prestigieux magazine de jazz américain Downbeat.


Esbjorn Svensson Trio - Dodge The Dodo
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Dans une époque de confusion et de médiocrité créative, ce trio de musicien suédois prouvait, depuis plus de dix ans, qu’il etait possible d’assurer un véritable parcours individuel et engagé grâce à une combinaison de piano jazz, de rock instrumental et (pourquoi pas) une touche d’éclectisme nord-européen. Dan Berglund, contrebasse et Magnus Öström, batterie, se retrouvent évidemment comme orphelins musicaux, même s’ils sont tous trois de la même génération ; même si le succès du groupe revenait à chacun d’eux qui, d’ailleurs, co-signait les compositions. Comme pianiste, Esbjörn Svensson se référait à Keith Jarrett et à Chick Corea, influences dont il avait su se démarquer. Il a aussi composé, exprès pour sa belle, la chanteuse Viktoria Tolstoy (arrière petite fille de l’écrivain russe), la musique d’un album, « Shining on you ».
E.S.T. venait d'achever la réalisation de "Leucocyte", douzième (et donc ultime) album du trio, pour le label allemand ACT. La sortie en était prévue le 26 septembre prochain. Nous l’écouterons la gorge serrée. "Musicalement, il était la lumière du monde, car son oeuvre faisait reculer les frontières. Il disait suivre la musique à l'intérieur de lui-même », a déclaré le gérant d'E.S.T., Burkhard Hopper. EST était un trio passionnant, riche d'une potentialité extraordinairement fertile . Potentialité qui a coulée lundi, au large de Stockholm...«


Site : http://www.est-...music.com/

jeudi 21 février 2008

Cloclo - Chantons dans la baignoire les reprises delirantes de Kenzo Saeki (compil Made in Japan)


Cloclo, revival made Japan: Lundi au soleil par Kenzo Saeki
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Kenzo Saeki "L’homme a la tête de sushi", est un drôle d’énergumène et l'un un des chouchous de la nouvelle pop japonaise qui a choisi comme croisade de démolir les ancêtres de la pop frenchy des sixties avec une prédilection pour les morceaux de Gainsbourg, Nino Ferrer, Dutronc et tout recemment Claude François. Veste en cuir jaune collant à la peau, bonnet noir avec un sushi géant en peluche accroché, ombrelle rougeoyante ou casquette soviétique ou faux sabre, ce gay jap ne craint ni le kitsch ni le mauvais goût. Il le revendiquerait même.

Né à Chiba au Japon ce jeune chanteur-producteur-compositeur commence sa carrière à la fin des années 80 au sein du groupe « Halmens » et contribue à deux albums aujourd’hui cultes ! L’année suivante, il compose pour Maki Nomya (des légendaires Pizzicato Five, soit le plus grand groupe japonais souvent comparé à Telephone dans un autre style musical). Kenzo composera ainsi pas moins de 600 chansons pour les plus grands artistes du Japon !

En 1986, Kenzo Saeki devient le chanteur d’un groupe (Perl Bros) avec lequel il signera 8 albums, tous disques d’or !

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Dans le même temps, il est l’instigateur de nombreux festivals et surtout le principal organisateur d’évènements autour d’artistes français comme Serge Gainsbourg… et continue de produire de nombreux artistes (en 1999, il enregistre et produit près de 100 groupes sur 7 jours – parmi lesquels Todd Rungren – dans une sorte de marathon musical jamais égalé à ce jour !).

Toujours à l’avant-garde musical, liant sa passion pour la chanson française et un sens inné des arrangements, Kenzo réuni finalement ses nouvelles versions de superbes titres de Nino Ferrer, Serge Gainsbourg au sein d’un album étonnant (dont quelques extraits comme « le poinçonneur des lilas » figurent déjà sur des compilations lounge très hip comme « Villa Mogador »,etc.) garni de douze titres concoctés dans les plus grands studios de Tokyo (albums "Camembert & Sushi" - Virgin - 2005 - une compil’ de reprises de chansons françaises par des groupes japonais et "l'homme a la tete de sushi" - IDL - 2003 )


La jeune scène française n’est pas la seule à rendre hommage à Claude François pour le trentième anniversaire de sa disparition : au pays du soleil levant, douze artistes venus de Tokyo et Osaka, et issus de la nouvelle scène nippone, ont travaillé pendant un an pour célébrer son répertoire… dans la langue des Manga !

Douze de ses titres les plus connus, parmi lesquels « Chanson populaire », « Le Lundi au soleil », « My Way » ou « Le Chanteur Malheureux » sont réunis dans un « best of » peu commun qui sortira fin mars 2008 en France et au Japon.


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Tracklisting...

CHANSON POPULAIRE performed by TOAST GIRLS
CETTE ANNEE LA performed by ANOTOKI - YMCK
LE LUNDI AU SOLEIL performed by KENZO SAEKI
COMME D'HABITUDE performed by PECOMBO
JE VAIS A RIO performed by CHELUCY
IL FAIT BEAU, IL FAIT BON performed by BUDO - GRAPE
LE CHANTEUR MALHEUREUX performed by TETSURO KASHIBUCHI
Y'A LE PRINTEMPS QUI CHANTE performed by ASAHI GENIUS
MY WAY performed by FANTASYS CORE
MAIS QUAND LE MATIN performed by LES CAPPUCCINO
MAGNOLIAS FOR EVER performed by KENZO SAEKI & CLUB JE T'AIME
ALEXANDRIE ALEXANDRA performed by ELEKTEL FEATURING KIYONORI MATSUO

"Made in Japan"
Sortie française & japonaise: fin mars 2008
Sawasdee / FGL music

mercredi 13 février 2008

Henri Salvador est mort : Bon Voyage au crooner reac-rigolo

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Henri Salvador - Bon Voyage


Décès d'Henri Salvador

Henri Salvador, je dois dire, m'a souvent heurté par ses propos dans les interviews. Il y avait chez lui quelque chose du style "apres moi la fin du monde..." Parfois de l'intolerance et des declarations a la limite des idées d'un vieux monsieur de droite extreme. Mais ce n'etait pas son rire forçé qui effaçait tout, c'etait sa voix si unique, sa voix de seul crooner français pouvant rivaliser avec les maitres americains du genre, si touchante, si craquante... Et puis ses "vrais" penchants musicaux, musique bresilienne, jazz... qui ont fait de lui pendant longtemps, un chanteur français a part, complet, doté d'une belle culture musicale et ouvert a de nouvelles experiences. Ne le considérons pas comme un grand, il ne tirait pas dans la meme catégorie que Brel, Brassens, Ferré... Souvent démago, ce fut un salthimbanque amuseur qui brillait par sa décontraction, ce qui n'est déja pas si mal en cette période de show biz "rolex" ultra conventionnelle. Finalement j'oublierai, pour ma part, ses propos de vieil égoïste réactionnaire concernant les préoccupations des intermittents du spectacle.

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meeting de campagne de Sarkozy
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Son récent ralliement à Nicolas Sarkozy pointait déjà dans plusieurs de ses chansons. « faut rigoler, faut rigoler » suggérait l’intéressé dès 1960, sur des paroles de Boris Vian. Coïncidence savoureuse, deux ans plus tôt, les mêmes subodoraient le sarko-footing (Moi, j’préfère la marche à pied) et dédiaient une ode à la future ex-Présidente de la République, Cécilia (« Cécilia t’es la plus belle / Viens danser la mazurka »), la symbolique Marianne figurant sur le même 25cm. Ainsi, il faut bien le déplorer, qu’un sarko-couac (Je peux pas travailler) préfigurant Le travail c’est la santé de 1965 : « Le travail c’est la santé / Rien faire c’est la conserver / Les prisonniers du boulot / N’font pas de vieux os ». Heureusement, l’année précédente, le futé M. Henri avait brossé un sarko-portrait visionnaire plus que jamais d’actualité, d’infirmières bulgares en pêcheurs bretons et autre Pape de saison : Zorro est arrivé. Au sujet des élections, il avait dès 1954 concocté la Chanson douce tripartite Bayrou, Royal, Sarkozy sous le titre original un poil partisan : Le loup, la biche et le chevalier. Et le finaud avait même prévu en 1956 un titre pour Ségolène Royal à destination de François Bayrou : Quand je monte chez toi.

Pour les amours de notre bon Président chez Mickey, c’était Minnie petite souris (1963), voire Cherche la rose (1980) alliant le débauchage d’une star « de gauche » à celui de pontes du PS. Enfin, à propos de l’accord nucléaire sonnant et trébuchant avec le colonel Kadhafi visant à dessaler de l’eau de mer, un titre de 2000 s’impose : Faire des ronds dans l’eau.
Espérons que cette retraite à 90 ans ne donnera pas des idées à ceux qui ne rêvent que d’en repousser l’âge limite pour tous.

BIOGRAPHIE
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Les deux frères SALVADOR Henri et André dans les années 30

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Henri Gabriel Salvador, né à Cayenne, en Guyane française le 18 juillet 1917 est décédé ce 13 février 2008 d'une rupture d'anévrisme.

Henri Salvador fut un personnage marquant de la musique française et mondiale :

* ses chansons populaires restent fredonnées par des générations de Français (Syracuse ; Le loup, la biche et le chevalier (Une chanson douce), etc.),
* il est le premier chanteur de rock'n roll français (1956),
* il serait à la source de la bossa nova brésilienne (1957),
* il fait partie, avec Sacha Distel, des deux seuls chanteurs de variété français à figurer dans le Dictionnaire du Jazz.


Discographie :

http://pagesperso-orange.fr/joo/discographie/albums.htm


Biographie : De Popeye au Jardin d'hiver, en passant par un peu de travail puisque c'est la santé.


C'est à l'âge de 12 ans qu'il débarque du paquebot Pérou dans le port du Havre le 16 août 1929 en compagnie de toute sa famille. Son père, Clovis, et sa mère, Antonine Paterne, fille d'une indienne caraïbe, sont tous deux natifs de Guadeloupe. Son père de Morne-à-l'Eau et sa mère de Port-Louis. Il a une sœur Alice et un frère, André, avec lequel il chantait en duo au début de sa carrière, et avec qui il fit les beaux jours du Jimmy's à Paris et à Biarritz. Son frère André Salvador fut Grand prix du Disque 1947 avec Hey-ba-ba-re-bop avec l'orchestre d'André Ekyan. En 1936, il devient le guitariste du violoniste de jazz américain, Eddy South. A 20 ans, Henri Salvador est soldat
Il rencontre Django Reinhardt, avant d'être mobilisé de 1937 à 1941, année où il retrouve le grand guitariste manouche en zone libre. Il est engagé par Ray Ventura, qui l'emmène en Amérique du Sud d'où ils ne reviendront qu'en 1945.
De décembre 1941 à décembre 1945, il fait donc partie de l'orchestre de Ray Ventura lors de son séjour en Amérique du Sud — Brésil, Argentine, Colombie, Uruguay, etc. Parmi ses inspirateurs marginaux figure un clown, "Rhum", pour qui faire rire était "la plus noble des missions". Salvador appliquera spontanément sa leçon fin 1941, à Rio de Janeiro, en se livrant à une imitation du personnage de Popeye qui vaudra un triomphe au lieu d'un four à l'orchestre Ventura. En octobre 1956, il part aux Etats-Unis où le célèbre animateur de télévision, Ed Sullivan, l'engage deux semaines dans son show. Son tempérament d'homme de scène, de véritable "showman" tel que les Américains le conçoivent, séduit les critiques de New York qui le surnomment "Fire Ball".

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Par la suite, devenu chanteur, il fit toujours en sorte de combiner sur ses albums chansons très fantaisistes et chansons douces, bien que le grand public se montre plus enthousiaste sur les premières, où il régnait sans partage, tandis que la concurrence était sévère dans le domaine des secondes (André Claveau, Georges Ulmer, etc.).
Sous le pseudonyme d'Henry Cording, il chante, en 1956, des morceaux de rock'n'roll en français écrits par Boris Vian et composés par Michel Legrand et par lui-même (Rock hoquet). Parallèlement il enregistre un 45-tours à la guitare jazz intitulé Salvador plays the blues. Là où d'autres artistes de variétés ont été bousculés par l'avènement du rock, Salvador a contourné l'écueil en se prêtant dès 1956, avec Boris Vian et le compositeur Michel Legrand, à une parodie du genre - qu'il n'appréciait guère - sous son pseudonyme d'Henry Cording.
En sont nés Va t'faire cuire un oeuf, man, Rock and roll mops et Rock-Hoquet, que le chanteur classait parmi ses canulars - sans ignorer qu'ils avaient aussi contribué à sa popularité. En contrepartie, il s'offrait à peu près au même moment le plaisir d'un disque de guitare jazz...


Twist SNCF (1962)

C'est là que débute la carrière personnelle de celui qui était le guitariste - excellent - et le comique de la troupe. En 1957, il a notamment composé "Dans mon île", qui aurait inspiré Carlos Antonio Jobim pour créer la bossa nova. Jobim "a dit: 'mais c'est ça, voilà ce qui faut faire: il faut ralentir la samba, faire de belles mélodies et de beaux accords'", racontait Salvador, "j'en revenais pas".
Autre agent de sa popularité, sa femme Jacqueline (Garabedian), solide imprésario avec qui il deviendra notamment le premier artiste de variétés français "autoproduit".
Sa carrière prend un tournant déterminant dans les années 1960, en grande partie grâce aux émissions de variétés de Maritie et Gilbert Carpentier, dans lequelles il interprète des chansons humoristiques qui le consacreront comme chanteur populaire : Faut rigoler, Zorro est arrivé, Juanita Banana, Le travail c'est la santé, etc. Il obtient même, en première partie de soirée, sa propre émission intitulée « Salves d'Or », qui connaîtra plusieurs éditions. En 1961, il obtient un très fort succès lors d'un passage de 12 semaines à la télévision italienne. Il décide alors de ne se consacrer qu'à la télé. Mais dès 1962, Henri et Jacqueline fondent leur propre maison d'édition musicale. Leur premier succès est "Le Lion est mort ce soir"
En 1971, les studios Walt Disney se joignent à Henri Salvador pour lancer la chanson "Les Aristochats", chanson inspirée du dessin animé sorti en 1968. Salvador, qui a enregistré ce titre seul dans un studio improvisé chez lui, obtient pour cette performance, le prix de l'Académie Charles Cros.
En 1975, il participe au conte musical Émilie Jolie, écrit par Philippe Chatel, dans lequel il incarne le conteur et interprète trois chansons, dont l'une avec Françoise Hardy et Émilie Chatel. Après la mort de son épouse Jacqueline survenue en 1976, Henri Salvador se remarie en mai 1986 avec Sabine Elysabeth Marie-Chantal. En décembre 1987, La SACEM (Société des Auteurs-Compositeurs) lui décerne le grand prix de l'humour. Un an plus tard, en octobre, le Président François Mitterrand le nomme Chevalier de la Légion d'honneur. L'année 1988, se clôt pour Henri Salvador par un nouveau show télévisé sur TF1 et dans lequel sont invités de grandes stars internationales telles Al Jarreau ou Tom Jones.


Henri Salvador - Petit Lapin
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Mais le chanteur, joueur de pétanque de haut niveau, est alors considéré comme super-ringard. En 1992, Henri Salvador revient à sa première passion, le jazz, et donne des récitals dans les clubs de jazz parisiens. C'est à New York que Henri Salvador enregistre en 1994 un nouvel album, "Monsieur Henri", qui sort sur le label Tristar de Sony Music. Entouré d'excellents musiciens américains, Salvador renoue sur ce disque avec ses racines, le blues. Les textes sont signés de noms tels que Boris Bergman, Jean-Claude Vannier, Gérard Presgurvic mais aussi des amis disparus tels Bernard Dimay ou Boris Vian. Il reprend même le célébrissime "Layla" d'Eric Clapton.
Tantôt poète tantôt humoriste au rire bien connu, Henri Salvador a toute sa vie pris le parti d'allier swing et bonne humeur. Lors de la cérémonie des Victoires de la Musique 1996, à 79 ans, il donne une nouvelle fois la preuve de son professionnalisme et de son enthousiasme en réalisant un mémorable duo avec le chanteur américain, Ray Charles.

Après quelques années de silence, de pétanque et de farniente, Henri Salvador revient au fronton de l'actualité en 2000 avec un album qui remporte un énorme succès, fort mérité. Entouré d'une équipe toute nouvelle et très jeune, il enregistre "Chambre avec vue", treize titres au charme brésilien. Grâce à son directeur artistique, Marc Domenico, Henri découvre les musiques et les textes d'auteurs tels Keren Ann, Art Mengo,Thomas Dutronc et surtout Benjamin Biolay. La collaboration entre les deux hommes s'envenime quelques temps plus tard. C'est ainsi que le 17 octobre, sort l'album qui en quelques semaines récolte un disque d'or. Le succès critique est général et tout le monde reconnaît la beauté des chansons, des textes et de l'interprétation.


Henri Salvador - C'est Pas La Joie
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Agé de 89 ans, le fringuant Monsieur Salvador décide d'arrêter la scène. C'est le sens du titre qu'il donne au nouvel album qui sort en octobre 2006. "Révérence", enregistré en partie à Rio de Janeiro, sous la houlette du grand arrangeur Jaques Morelenbaum est un disque au sonorités bossa nova. "Cherche la rose" est un duo avec le chanteur brésilien Caetano Veloso. On retrouve aussi Gilberto Gil sur "Tu sais je vais t'aimer", une reprise de "Eu sei que eu vou te amar" un morceau de Tom Jobim adapté en français par Georges Moustaki. Le crooner français rend hommage sur cet album à l'écrivain Françoise Sagan ("Mourir à Honfleur") en même temps qu'à Ray Charles avec "Alleluia ! je l'ai dans la peau", une reprise en français d'un titre du musicien américain. Entre triste nostalgie et rythm'n'blues clinquant, Henri Salvador fait avec "Révérence" le grand écart artistique, exercice qu'il connaît parfaitement.
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Il fut parolier pour de nombreux artistes, notamment pour Régine, Sheila. Il a fait connaître au grand public Art Mengo et Keren Ann. Le dernier album en date remonte à fin octobre 2006 intitulé 'Révérence.

Le photographe Jean-Marie Périer a révélé qu'il était le fils d'Henri Salvador.

Henri Salvador s'est également prêté au doublage de films d'animation, en prêtant sa voix en 1990 au crabe Sébastien dans La Petite Sirène, des Studios Disney. En 2006, à l'occasion de la sortie dvd du film, il réenregistra également les dialogues de sa suite, La Petite Sirène 2 : Retour à l'océan, dialogues confiés à un autre comédien sur la version originale de 2000.

Henri Salvador mit fin à sa carrière active lors d'un dernier spectacle donné au Palais des congrès de Paris le 21 décembre 2007. Il décéda peu de temps après, le 13 février 2008.

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Avec Gilberto Gil
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Extrait d'une interview donnée en mars 2003:





H.S. Michel Legrand, je n’aimais pas tellement… Il n’écoutait pas le chanteur, il donnait l’impression de vouloir vous écraser avec la puissance de ses cuivres… Cela dit, c’est un grand compositeur et un merveilleux arrangeur !
Au cours de votre longue carrière vous allez rencontré beaucoup de grands jazzmen américains, lequels vous a le plus marqué ?
H.S. Je crois bien que c’est Count Basie, c’est le swing incarné ! Mais j’en admire beaucoup d’autres : Errol Garner, Charlie Parker, Lester Young, Quincy Jones, Ray Charles, Miles Davis.
Et Coltrane ?
H.S.J’aime pas Coltrane.
Vos chanteurs de jazz préférés ?
H.S. Pour moi les deux plus grands sont Frank Sinatra et Nat King Cole. Il m’a beaucoup influencé.
Et Diana Krall ?
H.S. C’est froid, ça ne swingue pas !
Dans les années 55 vous avez introduit le rock & roll en France avec votre grand ami Boris Vian.
H.S. C’est sur les conseils de Michel Legrand qui revenait des Etats-Unis, que nous nous sommes lancés dans cette aventure musicale qui marchait très fort aux USA… En réalité je déteste le rock ! C’est de la m… ! C’est du mauvais jazz !
Votre avis sur le rap et la techno ?
H.S. Tu te les mets dans la poche et tu te barres avec !
Avez-vous une définition du jazz ?
H.S. Je ne suis pas compétent pour répondre à cette question. Mais j’aimerais dissiper un malentendu. On essaie de nos faire croire que la langue française est inadaptée aux rythmes des musiques actuelles — contrairement à la langue américaine. C’est faux ! la langue française peut swinguer ! La meilleure preuve, les "double six" des années 60, la meilleure formation vocale de jazz français. Moi, quand je chante j’essaie de jouer comme le saxophoniste Lester Young, je caresse l’oreille, j’essaye de placer les accents aux meilleurs endroits, mettre en valeur les syllabes… Bref de swinguer il y a trop de chanteurs qui hurlent aujourd’hui. Beugler n’est pas chanter !