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lundi 2 juin 2008

La Rumeur contre Sarkozy: le marathon judiciaire se poursuit aujourd'hui 3 juin




Le nouveau procès en appel intenté par le ministère de l'intérieur contre Hamé aura finalement lieu le mardi 3 juin à 14h devant la Cour d'appel de Versailles.
Six ans que ça dure. Depuis 2002, le ministère de l'Intérieur s'oppose au groupe La Rumeur, et en particulier à Hamé qui répondra à la barre sous le nom de Mohamed Bourobka. Accusé d'avoir diffamé la police française dans un article et malgré deux relaxes, le rappeur va devoir s'expliquer une nouvelle fois devant la cour d'appel de Versailles ce mardi.
En entrant dans le tribunal, Hamé aura en main une pétition de soutien à La Rumeur au bas de laquelle figurent 10 000 signatures: une liste de deux cents pages qu'il déposera sur le bureau du juge en début d'audience. Les fans, encouragés sur le site du groupe à venir le soutenir, devraient également venir en nombre au rendez-vous.
Hamé arrivera avec cinq témoins qui se succèderont avec lui à la barre, au cours de l'après-midi: les deux historiens Jean-Luc Einaudi et Maurice Rajfus, le journaliste Grégory Protche, le sociologue et chercheur au CNRS Jean-Pierre Garnier ainsi que la linguiste Dominique Lagorgette. Ces cinq intellectuels l'ont aidé à élaborer une défense d'ordre politique et prouver, comme en première instance puis en appel, que le contenu de son article est historiquement fondé.


Hamé
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L'affaire a débuté en juillet 2002. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, dépose une plainte contre Hamé. Le rappeur est accusé de "porter atteinte à l'honneur et à la considération de la police nationale". L'objet du délit est une article de 3 pages titré: "Insécurité sous la plume d'un barbare", écrit par Hamé et publié en avril 2002 dans le petit magazine gratuit édité par le label de son groupe, "La Rumeur Magazine".
Le fanzine accompagnait la sortie de "L'Ombre sur la mesure", le premier album de La Rumeur. Le litige porte sur trois phrases de cet article, dont celle-ci: "Les rapports du ministère de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété."
Après avoir été relaxé à deux reprises, en première instance, le 17 décembre 2004, et en appel, le 22 juin 2006, Hamé est renvoyé, contre toute attente, par la Cour de cassation -via l'arrêt du 11 juillet 2007- devant la cour d'appel de Versailles. Hamé, joint au téléphone, explique:
"Le lien de cause à effet, entre la nomination toute récente, au moment du procès, de Nicolas Sarkozy aux plus hautes fonctions de l'Etat et ce renvoi en cassation de l'affaire après deux relaxes, ne fait aucun doute pour moi."
"Politiser un débat jusqu'ici confiné dans la sphère de la recherche universitaire"
Hamé n'aura certes pas été le premier rappeur à avoir tenu des propos considérés comme diffamatoires qui le conduiront devant les tribunaux -avant lui, Ministère Amer et NTM ont été condamnés en 1995.
Mais Hamé est le premier d'entre eux, soutenu par l'ensemble des quatre autres membres de La Rumeur, à vouloir se servir de son procès "pour ouvrir publiquement et politiser un débat jusqu'ici confiné dans la sphère de la recherche universitaire". Ce mardi, Hamé se dit déterminé à tenter une nouvelle fois de faire bouger les lignes:
"Il s'agit de refuser que soit considéré comme diffamatoire le fait de critiquer publiquement les épisodes des massacres du 17 octobre 1961, de la station Charonne ainsi que les nombreuses bavures perpétrées à l'encontre de jeunes issus de l'immigration dans ce qu'on appelle les quartiers à partir des années 80."
"La nouveauté dans notre système de défense sera d'aborder l'article incriminé en tant qu'objet littéraire s'inscrivant dans une tradition bien française, en l'occurrence celle du pamphlet. Pour démontrer qu'avec ce texte, je ne viens pas de nulle part, mais que je m'inscris dans une tradition, et que je suis enraciné dans une réalité sociale, historique, culturelle et artistique française.
"Nous avons décidé de mieux démontrer et affirmer que nous avons toute légitimité à faire ce que nous faisons et à dire ce que nous disons. Et c'est essentiel, car en nous intentant ce procès on nous signifie qu'on n'est pas autorisé à s'exprimer sur le plan politique."


La rumeur - Tout le monde en parle
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"Le groupe de rap le plus structuré intellectuellement que j'ai eu à défendre"
Titulaire d'un DEA en audiovisuel et en sociologie des médias, Hamé est donc résolu à assumer la dimension politique du procès. Son avocat Dominique Tricaud declarait d'ailleurs il y a un an à Libération:
"C'est le groupe de rap le plus structuré intellectuellement que j'ai eu à défendre, d'une intelligence exceptionnelle."
"Depuis trois ou quatre décennies s'est forgée dans ces quartiers une mémoire collective qui est traversée et ensanglantée par les crimes policiers et les violences policières racistes demeurés impunis. Ces cinq témoins vont m'aider à prouver que les humiliations policières à répétition font bien partie du quotidien pour un certain nombre de ces jeunes."
Quelle que soit l'issue de ce procès, Hamé et La Rumeur sont déterminés à aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme, pour que soit reconnue leur "légitimité à s'exprimer". Ils ne se font pas d'illusion et savent qu'"il faudra un certain nombre d'affaires comme celle-ci pour qu'on puisse un jour parler librement de ces périodes sombres de l'histoire de France".
"Avec les frais de justice, on aurait pu financer deux ou trois albums"
En attendant, les pertes financières occasionnées par ces démêlés avec la justice fragilisent les finances de leur jeune label, La Rumeur Records, comme tient à le préciser Hamé:
"Avec l'argent investi dans cette bataille juridique, on aurait pu financer deux ou trois albums ou deux ou trois tournées ou produire un jeune groupe. Mais nous avons dû consacrer ces vingt mille euros à nos frais d'avocat."
"L'équation "médiatisation du procès" = "explosion des chiffres de vente de disques" ne se vérifie pas dans notre cas, même si un nouveau public nous a découvert à la suite de cette affaire. Mais nous ne nous plaignons pas, car on estime que c'est aussi un des rôles de La Rumeur que de livrer ce genre de combats."
A la fin du reportage tv réalisé au moment de la condamnation de NTM, qui date de1996, Jack Lang déclarait:
"Au moment où on va faire entrer André Malraux au Panthéon, je ne peux pas ne pas me souvenir que des censeurs de tout poil avaient demandé au ministre de l'époque d'interdire la pièce de Jean Genet 'Les Paravents', qui mettait en cause les militaires pendant la guerre d'Algérie.
"Et André Malraux leur a répondu avec vigueur: 'Il faut réfléchir à deux fois avant de décider de jeter la liberté par la fenêtre'. Malraux avait conclu: 'Je choisis la liberté.' Et je choisis, à l'image de Malraux, la liberté."


La Rumeur - L'Ombre sur la Mesure
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Vous pouvez apporter votre soutien à La Rumeur en signant le texte d'appel ci-dessous. La liste des signataires viendra s'ajouter au dossier de la défense.

Nous artistes, intellectuels, et citoyens, nous déclarons solidaires du groupe de rap La Rumeur, poursuivi avec acharnement et malgré deux relaxes, depuis cinq ans par le ministère de l’intérieur pour avoir publié un texte mettant en cause les violences policières depuis plusieurs décennies en France.

Nous le faisons au nom du principe fondamental de la liberté d’expression. Mais aussi parce que nous estimons qu’il est urgent que s’ouvre enfin un débat sans tabou sur les pages sombres de l’histoire de la police française.

La justice doit reconnaître qu’il n’est pas diffamatoire de revenir sur les massacres d’octobre 1961, de Charonne, ou les bavures commises depuis les années 80.

Premiers signataires : Noir Désir, Mouss et Hakim (Zebda), Kader Aoun, Jacky Berroyer, Benjamin Biolay, Cali, Esther Benbassa (directrice d'études à EPHE-Sorbonne), Denis Robert (écrivain), Olivier Cachin (journaliste), Christophe Honoré (réalisateur), Raphaël Frydman (réalisateur), Erik Blondin (gardien de la paix), Geneviève Sellier (universitaire), Philippe Manoeuvre (rédacteur en chef de Rock & Folk), Bruno Gaccio (auteur), Lydie Salvayre (écrivain), François Bégaudeau (écrivain), Bernard Comment (écrivain, éditeur) ...

Plus d'infos sur :
http://la-rumeur.com

Merci a Clotilde Monteiro de Rue89 (http://www.rue89.com/)

jeudi 17 janvier 2008

Beni Snassen, "Spleen et Idéal", Abd Al Malik en bande organisée

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Le 21 janvier prochain verra arriver dans les bacs le premier album du collectif Beni Snassen signé chez Gilbraltar le label du slammeur/rappeur Abd Al Malik.
Spleen et Idéal est le titre du premier album de Béni Snassen, un collectif hip hop français formé en 2007. Il s'agit du premier projet à sortir sous la bannière du nouveau label Gibraltar, porté par Abd Al Malik puis nourri par la présence de Bi'lin, Wallen, les NAP, Hamcho, Mattéo Falkone et un invité spécial, Ali (Ali est celui qui etait avec Booba dans lunatic..) Béni Snassen, un nom prédestiné pour rendre à la culture rap ses lettres de noblesse.En empruntant leur nom à une confédération tribale légendaire de l’Oriental marocain, ils visent à promouvoir des valeurs chevaleresques telles que le respect, l’honneur et la bravoure, en prônant un hip-hop altruiste et volontairement idéaliste.
Spleen et Idéal a été mixé et arrangé par Renaud Létang, connu pour ses collaborations avec des artistes tels que Feist ou Katerine. A priori, rien ne poussait des artistes aux univers ausi différents qu'Ali, Abd Al Malik ou Wallen à se rencontrer. Pourtant, ils ont en commun une certaine vision, avec d'autres, du rap et du monde. Restait alors à retranscrire tout cela en musique. Si on comprend mieux les raisons de ce regroupement, la question se pose quant à l'organisation du travail. Comment en effet concilier le rap hardcore d'Ali le rnb de Wallen ou la nouvelle voie ouverte par Malik ? Comment des artistes à l'univers si différent se sont-ils réunis ? " A la base", synthétise Wallen, " chacun aime le travail de l'autre. Mais c'est surtout une histoire de relations humaines. Nous nous aprécions en tant que personne. Et puis, nous avons les mêmes critères d'exigence artistique, les mêmes principes d'écriture, le même sens des responsabilités,la même curiosité envers l'autre". ?
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Le premier single, "Spleen et Idéal", est déjà disponible. Les références culturelles affleurent au-delà du titre. Dans "Gibraltar", Abd Al Malik citait Derrida. Ici, c'est l'auteur de "1984" qui est mis en lumière pour dénoncer les barrières dressées par la société et qui s'opposent à l'individu, en particulier dans les cités sensibles : "je regarde à travers la plaine mon HLM. Notre monde n'est-il pas celui de George Orwell ?".
Abd Al Malik a été un vrai coup de coeur pour moi... Son parcours me fascine, sa culture, sa vision de la vie, de la religion, de la politique, du rapport entre les hommes, son héritage de Brel, sa vision de "ces gens là", de l'immigration etc... C'est pas moi, c'est les autres.... Et puis j'avoue qu'il fait, à mes yeux, partis des quelques vrais artistes, de ceux qui apportent une réelle évolution à l'art, par son mélange des genres, entre rap, chanson, hip hop, électro, jazz... Son ouverture permet aussi au rap de se donner une nouvelle image, plus humaniste, loin des grosses chaînes en or et des textes d'une pauvreté affigeante. Alors qu’il prépare la sortie de l’album de Beni Snassen, le 21 janvier, Abd Al Malik élargit encore son horizon artistique. Il collaborera bientôt avec Moby. Le rappeur français a été invité sur le nouvel album du new-yorkais, sur lequel il a écrit un titre, dont il fera les couplets et Moby, le refrain. Ce morceau ne sera disponible que sur la version française de l’album.
Béni Snassen c'est la réconciliation de la forme et du fond, chaque plume et chaque flow, aussi différent qu'ils puissent être les uns des autres, lorsqu'ils se mettent au service de l'un ça n'est jamais au détriment de l'autre. Le collectif desire avant tout retrouver la vocation premiere du hip hop, celle d'etre le porte voix des quartier, celle de faire remonter ce que ressentent les gens des banlieues, sans le bling bling ambiant. A signaler que les revenus de ce disques, en collaboration avec la Fnac, seront reversés a des associations qui luttent contre l'illetrisme, en france. Serais-ce le premier album Hip Hop humaniste?


Beni Snassen Spleen et Idéal (clip officiel)
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Album : Béni Snassen, “Spleen et Idéal” (Gibraltar , Licence exclusive EMI music France)



www.benisnassen.com
http://www.myspace.com/benisnassen