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lundi 14 avril 2008

FUMUJ : The Robot and The Chinese Shrimp (Prononcez "fou"-"mouge")

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Après "Monstrueuse Normalité" il y a 3 ans (LifeLive/La Baleine), le groupe tourangeau nous présente, sous l'aile cette fois ci de Jarring Effects, "The Robot and the Chinese Shrimp".
Depuis 2003, Fumuj nourrit un univers artistique envoûtant. Fumuj qui tourne la page du dub sur cet album dévoile ses ambitions de dynamiter toutes les musiques actuelles pour réinventer le style de la fusion avec leur crossover parfait de rock hip hop conjugué à l’electro dub. The Robot and the Chinese Shrimp est une grande perle de l'électro-dub mondiale . Un deuxième album bâti par un trio agrandi d’un MC et d’un claviériste en moins d’un an, témoignage d’une soixantaine de concerts passés depuis la sortie de Monstrueuse Normalité, le premier album. On peut toujours être étonné quand on aborde un album d'un groupe étiqueté Dub et de se retrouver plongé dans un opus plutôt electro.
La versatilité de Fumuj se décline dans ses multi facettes, faisant invariablement penser à des groupes comme Prefuse 73 ou même the Streets dans la démarche. Mais si ces petites "bullettes" aux consonances électriques et "hiphopé" sont très agréables à écouter, on se retrouve plongé avec délectation dans les premières heures de groupe comme SoulWax, période disco mobile, les Beastie Boys, voir même de Ninja Tunes à ses belles heures…Et puis arrive le bon gros Dub "Full of Entertaiment", et l’on se dit (ou on se re-dit) "Waouh, ça tabasse quand même quand l'electro rencontre le Dubwize", la France a dessiné les contours de l'ElectroDub avec High Tone, Ez3kiel ou d'autres Lab° et voici la relève. En effet, la multiplicité des influences permet a Fumuj de décaler son discours dans une écriture plus personnelle que "j'arrive après les premiers cités". On continue ensuite dans des ambiances bien travaillées pour retomber après 2 morceaux sur le "17 or 18 I guess » pur roots dub bien lourd et bien efficace avec son ouverture plus mélodique et son skank lourd contrastant la fibre de ses violons. Les morceaux de l'album sont plutôt variés et les voix sont bien calées sur les différentes ambiances de chaque morceau : il y a du flow et ça balance pas mal pour tenir la comparaison avec les groupes plus hip-hop ou plus influencés par les scènes susnommées. C'est une invitation au voyage dans un monde aussi urbain qu'organique, comme un pas jeté vers l'inconnu pour éveiller les sens quand les yeux se ferment. A coup de collages électroniques sur une machine aux aspérités funk-rock galopantes, Fumuj sait surprendre en s'émancipant des lignes introspectives de ses compositions pour s'aventurer sur la dancefloor moderne, restant créatif avant tout.

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Bon, les dents, on les perd dès les deux premiers titres, qui résument à eux seuls ce que l'on peut trouver dans ce Fumuj. Avec Killers, on vérifie si un incendie n'est pas en train de se propager dans la pièce tant le tout sent le souffre. Phrasé Hip-hop sur hurlements électroniques, ligne de guitare imparable, cordes orientales virevoltantes dans vos tympans, et montée finale superbe, avec une dernière estocade verbale qui marquerait n'importe quelle personne pendant un mois, tant le tout est évident, à le hurler tous les matins dans sa douche en foutant de l'eau partout. We Live In ? Mon dieu, We Live In... Les 30 premières secondes crachent sûrement l'une des meilleures boucles que l'on puisse croiser sur un disque Jarring Effects depuis 8 ans. C'est crade, ça groove, ça tabasse, bref, ça file l'envie de danser en se roulant dans un amas de cadavre. Les couplets sont dantesques, les refrains sont dantesques, et le tout forme un tube imparable rongé par la gangrène, le morceau que tout le monde rêverait d'entendre à la radio dans un monde parallèle. La conclusion, envoyant le titre dans des sphères planantes, sublimes, avec cette nappe cristalline enveloppant le tout, permet de contraster de la meilleur des façons avec la rage du début. Plus loin, Fuck s'apparentera à la plus grosse claque du disque avec We Live In, en poussant toutes les jauges au maximum. Lyrics limpides et cathartiques, jetées en pâture à un tsunami de saturations, frôlant le gros métal, une révolte concentrée sur 3 minutes, explosion graduelle qui atteint son paroxysme sans crier gare. On peine à imaginer la folie que doit engendrer ce titre en concert. A transformer de gentils spectateurs d'opérettes en manifestants anarchistes.
Avec un grosse base hip-hop -anglophone-, les cinq bonshommes de Fumuj changent de registre avec aisance, du dub cuivré ensoleillé ("17 or 18 I Guess") à un époustouflant rap métallique et industriel sans oublier les incartades funky de "Play My Fucking Shit" et l'instrumentale très noisy rock "Hangsdog Expression". Les riffs de guitares savent se faire discrets mais essentiels au beau milieu de ces brûlots alimentées aux beats claquants, samples exotiques et autres basses sonorités saturées. Un excellent melting pot, varié et maîtrisé, qui décrasse l'ouïe et enclenche le mode "mouvement automatique" du corps humain.
Si vos oreilles averties avaient déjà été chatouillées par le savant mélange
musical de “Monstreuse Normalité”, sorti en 2005, elles ne pourront qu’être
irresistiblement émoustillées par les morceaux percutants que vous réserve ce
nouvel album “The Robot and The Chinese Shrimp”.
Attention, les amateurs de dub nonchalant risquent d’être un peu bousculés par
les changements judicieusement orchestrés par le groupe... Ouverte, revendicative, teigneuse, énergique, variée, hip-hop, rock, dub, fusion, électronique, bandante... Ça fait trop d'adjectifs pour qualifier la musique de Fumuj . Une seule envie subsiste à l'écoute de cet album. Voir le groupe en Live. Au plus vite. Monstrueux....



(merci a Dat' de http://www.krinein.com/ pour les emprunts a son humour....)

FUMUJ : The Robot and The Chinese Shrimp ( Jarring Effects / Discograph )


http://jarringeffects.net/
http://www.myspace.com/fumuj

jeudi 17 janvier 2008

Beni Snassen, "Spleen et Idéal", Abd Al Malik en bande organisée

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Le 21 janvier prochain verra arriver dans les bacs le premier album du collectif Beni Snassen signé chez Gilbraltar le label du slammeur/rappeur Abd Al Malik.
Spleen et Idéal est le titre du premier album de Béni Snassen, un collectif hip hop français formé en 2007. Il s'agit du premier projet à sortir sous la bannière du nouveau label Gibraltar, porté par Abd Al Malik puis nourri par la présence de Bi'lin, Wallen, les NAP, Hamcho, Mattéo Falkone et un invité spécial, Ali (Ali est celui qui etait avec Booba dans lunatic..) Béni Snassen, un nom prédestiné pour rendre à la culture rap ses lettres de noblesse.En empruntant leur nom à une confédération tribale légendaire de l’Oriental marocain, ils visent à promouvoir des valeurs chevaleresques telles que le respect, l’honneur et la bravoure, en prônant un hip-hop altruiste et volontairement idéaliste.
Spleen et Idéal a été mixé et arrangé par Renaud Létang, connu pour ses collaborations avec des artistes tels que Feist ou Katerine. A priori, rien ne poussait des artistes aux univers ausi différents qu'Ali, Abd Al Malik ou Wallen à se rencontrer. Pourtant, ils ont en commun une certaine vision, avec d'autres, du rap et du monde. Restait alors à retranscrire tout cela en musique. Si on comprend mieux les raisons de ce regroupement, la question se pose quant à l'organisation du travail. Comment en effet concilier le rap hardcore d'Ali le rnb de Wallen ou la nouvelle voie ouverte par Malik ? Comment des artistes à l'univers si différent se sont-ils réunis ? " A la base", synthétise Wallen, " chacun aime le travail de l'autre. Mais c'est surtout une histoire de relations humaines. Nous nous aprécions en tant que personne. Et puis, nous avons les mêmes critères d'exigence artistique, les mêmes principes d'écriture, le même sens des responsabilités,la même curiosité envers l'autre". ?
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Le premier single, "Spleen et Idéal", est déjà disponible. Les références culturelles affleurent au-delà du titre. Dans "Gibraltar", Abd Al Malik citait Derrida. Ici, c'est l'auteur de "1984" qui est mis en lumière pour dénoncer les barrières dressées par la société et qui s'opposent à l'individu, en particulier dans les cités sensibles : "je regarde à travers la plaine mon HLM. Notre monde n'est-il pas celui de George Orwell ?".
Abd Al Malik a été un vrai coup de coeur pour moi... Son parcours me fascine, sa culture, sa vision de la vie, de la religion, de la politique, du rapport entre les hommes, son héritage de Brel, sa vision de "ces gens là", de l'immigration etc... C'est pas moi, c'est les autres.... Et puis j'avoue qu'il fait, à mes yeux, partis des quelques vrais artistes, de ceux qui apportent une réelle évolution à l'art, par son mélange des genres, entre rap, chanson, hip hop, électro, jazz... Son ouverture permet aussi au rap de se donner une nouvelle image, plus humaniste, loin des grosses chaînes en or et des textes d'une pauvreté affigeante. Alors qu’il prépare la sortie de l’album de Beni Snassen, le 21 janvier, Abd Al Malik élargit encore son horizon artistique. Il collaborera bientôt avec Moby. Le rappeur français a été invité sur le nouvel album du new-yorkais, sur lequel il a écrit un titre, dont il fera les couplets et Moby, le refrain. Ce morceau ne sera disponible que sur la version française de l’album.
Béni Snassen c'est la réconciliation de la forme et du fond, chaque plume et chaque flow, aussi différent qu'ils puissent être les uns des autres, lorsqu'ils se mettent au service de l'un ça n'est jamais au détriment de l'autre. Le collectif desire avant tout retrouver la vocation premiere du hip hop, celle d'etre le porte voix des quartier, celle de faire remonter ce que ressentent les gens des banlieues, sans le bling bling ambiant. A signaler que les revenus de ce disques, en collaboration avec la Fnac, seront reversés a des associations qui luttent contre l'illetrisme, en france. Serais-ce le premier album Hip Hop humaniste?


Beni Snassen Spleen et Idéal (clip officiel)
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Album : Béni Snassen, “Spleen et Idéal” (Gibraltar , Licence exclusive EMI music France)



www.benisnassen.com
http://www.myspace.com/benisnassen