vendredi 30 mai 2008

Nouveaux ou a venir

Vivons tout nus avec Sigur Rós



Attention ça va aller très vite. A l’heure où vous lirez cet article la vidéo ne sera peut-être déjà plus disponible. Car le groupe islandais Sigur Rós surprend avec son nouveau clip Gobbledigook, dans lequel tout le monde est nu et communie avec la nature (oui, c’est beau). On se doute que les sites de partage de vidéos vont être submergés de demandes de censure, sachant que même le compte Youtube officiel du groupe n’a pas pu poster son clip. Pas la peine d’essayer de se réfugier derrière l’expression artistique… Sinon fort heureusement, le clip est visible sur le site officiel du groupe (encore heureux). N’hésitez pas à poster des liens où la vidéo est disponible, histoire de voir qui sont les sites courageux… Il y a aussi Facebook pour le moment : http://www.facebook.com/video/video.php?v=20013278377
Les Islandais de Sigur Ros ont inventé un rock expérimental complètement singulier.
Après un premier album, "Von", sorti en 1997, Jon Thor Birgisson (guitare, chant), Georg Holm (basse) et Agust (batterie) publient "Agoetis Byrjun" en 1999. Ethéréé, spatiale et spéciale, la musique de Sigur Ros traverse les frontières et reçoit la possibilité de jouer en première partie de la tournée de Radiohead en 2001 ainsi que de celle de Godspeed You! Black Emperor.

En 2002, Sigur Ros sort "( )", album qui a la particularité d'être chanté envolenska, une "langue" inventée par Birgisson, proche de l'islandais au niveau phonique, mais dénuée de sens. Les séries signifiantes sont à découvrir dans une lecture sonore propre à l'auditeur. Plus brut, difficilement accessible, cet album d'ambiances rock et electro se vend néanmoins particulièrement bien dans le monde, notamment aux Etats-Unis et en Angleterre. En 2005, le groupe revient avec "Takk...", suivi de "Hvarf - Heim" en 2007.
Une musique novatrice et planante au lyrisme froid : le frisson Sigur Ros
Les islandais viennent d'annoncer la sortie de leur cinquième album pour le 23 juin 2008 ("Með suð i eyrum við spilum endalaust" qui pourrait apparemment se traduire par "Avec ce bourdonnement dans nos oreilles, nous jouerons éternellement")
"Gobbledigook" en est le premier extrait (downloadable gratuitement sur leur site).


Sigur Ros - Gobbledigook réalisé par Arni & Kinski (si la video a été censurée, allez ici : http://www.sigurros.com/dvd3.asp___________________________
Rythmes tribaux, chant aérien, guitare acoustique... ce titre ressemble à une promenade en terre d'innocence... avec des références évidentes à piocher du coté d'ANIMAL COLLECTIVE.

Vous pouvez en ce moment télécharger ce morceau gratuitement sur le site de Sigur Ros. Sigur Rós sera en concert le 6 juillet à Arras (62) et le 15 août à Saint-Malo (35)

http://www.myspace.com/sigurros

http://nybatteri.free.fr/

http://www.sigur-ros.co.uk/




Ratatat (touille) - LP3 nouvel album



Ratatat est un duo New-Yorkais composé de Mike Stroud (guitariste) et d'Evan Mast (multi-instrumentiste) qui se spécialise dans le rock instrumental. Ratatat, c'est surtout un numéro incongru qui tranche dans le circuit rock actuel, où tant de groupes guitare/basse/voix interchangeables sont bien rangés dans leur petite case. Enfin... rock ? Pas si sûr. À l'instar de Tv On The Radio et son génialissime Wolf like me, le groupe résulte plutôt de la fusion de rock et du hip hop (avec en plus une touche de synthé et d'effets), une sorte de kaléidoscope stylistique où toutes les influences diverses et variées se mélangent pour nous livrer des morceaux psychédéliques à tendance électronique. Rien de bien compliqué pourtant, les accords sont relativement simples et peu nombreux, les riffs souvent saturés, et les effets sûrement issus de processeurs et autres ordinateurs... Bien que Ratatat soit ancré dans la communauté rock, on pense parfois au Daft Punk en pleine crise de copier-coller à l'époque de Discovery.
La première qualité de Ratatat est donc de ne ressembler à rien de connu (ou éventuellement à l'hurluberlu japonais Zongamin ­ mais comme il n'est lui-même pas très célèbre, cela ne compte pas). C'est aussi un groupe sans chanteur, ce qui est pour le moins original, le rock instrumental, contrairement à la techno, au jazz ou au hip-hop, n'étant plus si fréquent depuis la fin des années 60, la dissolution des Shadows et la triste mort de Link Wray. Quant aux groupes de musique ambiantale, brièvement regroupés sous la bannière «postrock» (Tortoise, Godspeed...) à la fin des années 90, certes ils ne nourrissaient pas non plus de chanteur en leur rang, mais les airs solaires et fanfarons de Ratatat ne sauraient leur être rattachés. Un titre comme Tropicana évoquant bien plus le monde enchanté de la pop psychédélique expérimentée par les Beatles aux cours des années 60 que celui des groupes dépressifs nés après la mort du grunge.
De toute manière, est-il possible de ranger Ratatat dans une quelconque famille, hormis celle, chaque jour plus importante (Herman Düne, Grandaddy, Sebastien Tellier, Arab Strap, TV on the Radio...), des hurluberlus à barbe de trois jours ?
Le prochain album de Ratatat va être disponible le 8 juillet et il va s’intituler “LP3“. Ils avaient déjà sorti le simple Shiller et voici que le second simple Mirando pointe le bout de son nez en vidéo.

Ratatat - Mirando
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http://www.ratatatmusic.com

http://www.myspace.com/ratatatmusic


Joseph Arthur - Lonely Astronaut (new song)


Que peut-on attendre de Joseph Arthur en 2008 ? A l’écoute de son précédent album, "Let’s Just Be", on a envie de répondre : pas grand-chose… Mais voilà, le songwriter est productif et alors que son prochain disque "All You Need Is Nothing" se profile à l’horizon pour le mois d’août, Joseph Arthur nous propose une série de trois EPs plutôt bien garnis. "Could We Survive" est le premier d’entre eux.

Lonely Astronaut est un nouveau et excellent morceau du grand Joseph Arthur diffusé sur son blog et sa page MySpace.
Quant à l'album, All You Need Is Nothing, il devrait être disponible le 5 août.


http://www.josepharthur.com/

http://www.myspace.com/josepharthur



Phoenix renait

Les Phoenix viennent de produire un nouveau morceau gratuit pour soutenir l'association "Action Contre La Faim". Le morceau n'est pas transcendant mais il permet de nous faire patienter jusqu'à la sortie du nouvel album du groupe cette année.
4 ans après leur envol "United', les petits frenchy ont fait parler d'eux, toujours associés à cette image (devenue fréquente ces derniers temps) "Versailles-Air-Coppola Connection", d'où ils puisent leur Source.


Phoenix Twenty-one one zero Preview
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http://www.wearephoenix.com/

John Zorn/Lou Reed/Laurie Anderson - The Stone : Issue Three


Né à New York en 1953, John Zorn a joué de plusieurs types d'instruments avant d'étudier le saxophone et la composition à l'Université de Webster à St-Louis au début des années 70. Musicien-compositeur-producteur, enfant terrible de la musique américaine postmoderne, il est devenu un des artistes les plus influents de « l'avant-garde ». Il a composé de nombreuses ouvres explorant une grande variété de genres parmi lesquels le jazz, le rock, le punk, la musique classique, l'improvisation sans oublier la musique de films.
Vers la fin des années 80, il fonde le groupe Naked City composé de Bill Frisell à la guitare, Fred Frith à la basse, Wayne Horvitz au clavier, Joy Baron aux percussions et Yamatsuka Eye pour la partie vocale. Dès les premiers enregistrements du groupe légendaire fondé par Zorn, la transgression des genres atteint de nouveaux sommets. En 1991, il forme un autre célèbre groupe de jazz expérimental, Painkiller, avec Mick Harris et Bill Laswell.

Dans les années 90, il fonde Tzadik dont le premier grand coup a été la publication des 10 disques réalisés en studio de son quartette Masada, son grand projet de recherche sur l'identité culturelle juive. Le groupe Masada formé principalement autour de Joy Baron (batterie), Greg Cohen (basse) et Dave Douglas (trompette) a pour objectif de transfigurer le klezmer en « culture juive
radicale ». Une musique exploratoire où le klezmer de ses racines juives se conjugue au free-jazz.

En 30 ans de carrière, John Zorn est toujours demeuré fidèle à une démarche sans concession. Malgré son statut de musicien touche-à-tout, il a su garder la ligne dure. Le Festival international de musique de Victoriaville l'a invité à 12 reprises depuis 1988 avec des formations de tout acabit. Zorn voyage et joue régulièrement sur scène, avec son groupe ou d'autres collaborateurs, aux États-Unis, au Japon et en Europe

Troisième épisode discographique d’un projet conçu pour subvenir au fonctionnement du Stone, le club de la scène downtown new-yorkaise dirigé par John Zorn, The Stone : Issue Three réunit aux côtés du prolifique saxophoniste, Lou Reed (guitare électrique) et Laurie Anderson (violon et machines), pour un concert avant-gardiste enregistré en comité réduit. Un set sobrement décomposé pour le besoin du disque en trois parties, elles-mêmes subdivisées en plusieurs mouvements au gré des improvisations mutuelles.
Ce troisième volume documente les frasques improvisatoires de ZORN et du couple REED / ANDERSON du 10 janvier 2008 pour trois sets qui, vu l'exiguïté du lieu et la renommée des intervenants, affichèrent complet longtemps à l'avance. Ici trois extraits sulfureux : un violon contemporain, un saxophone déchiré entre les slaps et les squeaks, et une guitare rageuse et saturée. Soit le son d'un New York transgénérationnel - le type même de rencontres qu'on n'aurait osé imaginer ! -, recouvrant un demi-siècle d'expérimentations et dont le génie et la subversivité en scellent à jamais le propos. Malaxée au son des instruments, 48 minutes durant, la matière musicale bouillonnante de The Stone : Issue Three met la frousse, subjugue, ravit, déroute, place l’auditeur au cœur d’un no man’s land musical subversif, qui n’est rien d’autre que la création à l’état pur.

Acoustic Masada (2006) - Tharsis
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Album : John Zorn/Lou Reed/Laurie Anderson - The Stone : Issue Three - label Orkhêstra TZ 0004 - 2008

http://www.tzadik.com

Sébastien Tellier - Divine - Eurovision & la polimique de la langue


C'est la Russie qui a remporté le 53e concours de l'Eurovision. Le candidat français, Sébastien Tellier, se retrouve dans les limbes du classement (18e sur 25, ex aequo avec la Suède). L'interprète de "Divine" a été desservi par une réalisation catastrophique, qui a été incapable de correctement filmer sa mise en scène décalée (une arrivée en voiturette de golf, notamment).


Sebastien Tellier - Eurovision 2008 [Divine] France
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C’est Sebastien Tellier, chanteur electro-pop au penchant avéré pour les costumes couleur crème, à la croisée entre Chabal et Raël, qui nous a représenté, après avoir emporté l’investiture lors du traditionnel concours télévisé de sélection sur France 3. La chanson choisie, Divine, est une petite bombe joyeuse très electro-pop justement (voir le clip ci-dessus). Mais quand on constate qu’en face, on a un Chikilicuatre Espagnol, voire Dustin, une dinde qui braille sur de la techno pour représenter l’Irlande (je ne plaisante pas…), on est quand même en droit de se demander qu’est ce que Tellier est allé foutre dans ce bourbier… On peut imaginer que le côté kitch du programme couplé à la mission divine (je sais…) de représenter la France devant l’Europe des ménagères de moins de 50 ans, ont su exciter le bonhomme, peut-être en mal de reconnaissance par le grand public en France…
Enfin, toujours est-il qu’en terme de visibilité au moins, il en aura tiré quelque chose. Car, ce qu’il y a de bien en France, c’est que lorsqu’il s’agit de musique, on a toujours un député UMP pour la ramener. On avait eu François Grosdidier, qui avait eu la brillantissime idée au lendemain des émeutes de l’automne 2005, de présenter un texte de loi visant à condamner des rappeurs comme Monsieur R, ou des groupes comme 113, Lunatic ou encore Minister Amer (tous deux déjà dissous à l’époque, trop fort le Grosdidier) pour certains propos amers envers la France allant même jusqu’à dire de ceux-ci “cela conditionne et c’est ce qui fait passer à l’acte”. On en rigole encore… Cette fois, le problème est de nature différente pour François-Michel Gonnot qui se plaint comme c’est pas permis:
“Nombre de sociétés imposent l’anglais comme langue de travail à la place du français, la Commission européenne vient de supprimer le français de ses publications statistiques, et le summum vient d’être atteint avec le 53 ème concours Eurovision de la chanson où notre pays sera représenté par une chanson …en langue anglaise, « Divine », du chanteur français Sébastien Tellier”
Franchement on croit rêver… On a donc des députés qui n’ont rien d’autre à foutre que de se pencher sur le fait que la chanson qui représentera la France sera interprétée en anglais. Alors oui, c’est une première pour la France… Et alors? Même si ce n’était pas du tout le but, on peut au moins arguer que pour une fois, on aurait fait un effort pour se faire comprendre par nos voisins. Et puis dans le fond, en français, en anglais ou en moldave, faut pas déconner, il n’y a rien de gratifiant à gagner l’Eurovision… Enfin, toujours est-il qu’au final, les Anglais se foutent bien de notre tronche, car comme le souligne Henry Samuel, le correspond du journal anglais The Telegraph :
“Divine aura provoqué la controverse dans un pays sensible en ce qui concerne l’empiétement de la culture anglo-américaine sur sa langue et son art”
Mais le plus notable, est ce qui se passe au sein même de la scène musicale française, comme le souligne Sébastien Davet, dans un article tres instructif (Le Monde, 13 avril 2008) : « […] c’est un fait : le rock français chante de plus en plus et de mieux en mieux en anglais. » Davet nous cite quelques artistes sans complexes : « The Do, Cocoon, Moriarty, Syd Matters, HushPuppies, Soko, Fancy... » et ceux qui avaient ouvert la voie avec la french touch techno (Daft Punk, Air, David Guetta, Justice ou Martin Solveig) .

The Do
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Le fait est que si The Do, Scenario Rock (précurseurs de fusion disco-électro–rock) ou Solveig font une carrière internationale, c’est parce qu’ils chantent en anglais et que si des groupes géniaux et innovants comme Noir Désir ne sont connus que dans quelques pays limitrophes (Litfiba en Italie s’était inspiré du style des Bordelais) et que par quelques fans du genre, c’est parce qu’ils chantaient plutôt en français.
Bon, que des groupes chantent en anglais, ce n’est pas nouveau ni honteux en soi, mais c’est surtout un certain état d’esprit qui est nouveau. Ecoutez plutôt, toujours tiré de l’article de Davet : «[…] Pas simple pourtant pour ce type d’artistes de s’imposer, alors que des quotas de 40 % de chansons francophones sont imposés, depuis 1986, dans les radios en France. « Nous rentrons en concurrence avec tout le répertoire anglo-saxon, regrette-t-il. Cela nous ferme presque totalement les portes des radios.» […]». Encore un peu et on sortirait nos mouchoirs. On croit vraiment rêver ! La langue française est menacée jusque dans son fief et on regrette les quotas ! Mais heureusement que ces quotas existent. Sinon, on en serait à la situation qui prévaut en Belgique, où aucun groupe de rock digne de ce nom ne chante plus dans sa langue natale (dEUS, Hoverphonics et Girls in Hawaii pour les plus connus).

www.myspace.com/telliersebastien

www.sebastientellier.com/

mercredi 28 mai 2008

Petites decouvertes entre amis : Tegan and Sara



J’ai découvert ce groupe canadien dans la série L Word avec le morceau "So Jealous". Pourtant il ne date pas d’hier puisqu’en 2007, les filles ont sorti leur 5ème album, "The Con". A noter qu’on retrouve aussi Tegan and Sara sur la BO de la série médicale "Grey’s Anatomy".
L'univers des soeurs Tegan Rain et Sara Kiersten Quin, alias Tegan & Sara, est assez unique en son genre. D'abord parce qu'elles sont canadiennes, ce qui les place potentiellement sur une liste composée de Céline Dion, Robert Charlebois, Malajube et Sum 41. Mais aussi parce qu'elles sont jumelles, ce qui rend leur duo atypique et paradoxalement complémentaire ; les deux soeurs composent d'ailleurs leurs chansons séparement. The Con est leur cinquième album, produit par Tegan & Sara avec Chris Walla (des Death Cab for Cutie)
Sucrées, espiègles, touchantes ou enjouées, les voix des deux sœurs traversent des paysages pop, folk et indie flirtant parfois avec l’acoustique. Quelques claviers viennent de temps à autre « power popiser » l’ensemble sur des tempos généralement doux (« The Con », « Knife Going In »). Pas de fioritures donc et des paroles personnelles qui prennent tout leur sens lorsque la musique s’efface derrière le chant. Il faut écouter l’album à plusieurs reprises pour ressentir toute l’émotion de ces petites mélodies sans prétention mais diablement subtiles (« Floorplan »). On s’arrêtera sur les imparables « Back in Your Head », ou encore le touchant « Nineteen » qui vous accrochent sans jamais vous lâcher.

J'ai gardé la chanson titre de l'album, The Con, pour la fin, tout simplement parce que j'adore ce titre. C'est difficile d'expliquer pourquoi, et j'en connais beaucoup qui n'hésiteront pas à dire que c'est de la soupe, mais je suis amoureux de ce morceau, de sa structure, de la voix, des paroles, de l'interprétation... [2] Il s'agit du deuxième single (et accessoirement du titre qui m'a permis de découvrir le duo), et sans doute le morceau le plus "produit", sans pour autant perdre son charme. On retrouve une trame commune avec les autres titres de l'album : une interprétation impeccable qui fait vraiment passer les émotions, jouant sur toute la gamme possible, sur des mélodies et des rythmes qui changent de ceux qu'on à l'habitude d'entendre.
Notons les apparitions de Matt Sharp (Death Cab For Cutie) et de Hunter Burgan (AFI), gages certains de qualité pour ce petit bijou d’à peine 36 minutes. Toujours dans la veine de leurs précédents albums, Tegan and Sara agitent nos tympans de droite à gauche puis de gauche à droite, lentement, fraichement, sûrement. Les sœurettes restent fidèles à leur pop/indie subtile.



Tegan and Sara - The Con
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Tegan and Sara - Burn Your LIfe Down
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Album : tagan and sara - the con - Label : Superclose Music


http://www.teganandsara.fr/
http://www.myspace.com/teganandsara
http://www.teganandsara.com/

Seun Kuti & Egypt 80 "Many Things" premier album du petit dernier, la Fela Zion d'un musicien hors père....



En 1997, une figure majuscule des musiques noires meurt en Afrique, a 58 ans. Le chanteur et saxophoniste nigérian Fela Anikulapo Kuti, créateur - avec l'apport rythmique déterminant du batteur Tony Allen - de l'afro-beat, un mélange bouillonnant de funk, de soul, de rhythm'n'blues, de jazz et de musique ghanéenne (highlife). Ce jour-là, l'Afrique est secouée de sanglots et baignée de larmes. Le continent a perdu son plus célèbre musicien, le créateur de l'afro-beat, mais aussi le «Black President», comme on a surnommé cet irréductible adversaire des dictateurs nigérians. Fela le frondeur. Fela le guide spirituel. Une sorte de Gandhi croisé de Bob Marley et de Malcolm X. Pour avoir dénoncé la malédiction qui frappe l'Afrique - la corruption - il fut embastillé et tabassé un nombre incalculable de fois.
Quelque vingt années plus tard, Seun, le plus jeune de ses trois fils, publie Many Things, un premier album dont le son, la pulsation, la voix, l'intensité dansante et véhémente ressemblent à s'y méprendre à la musique de Fela. Il faut désormais compter avec Seun, le nouveau prince de l’Afro beat. Le benjamin du plus célèbre chanteur du Nigeria livre cette semaine son premier album : Many Things.
Dès les premières notes, l’on reconnaît la marque de l’Afro beat, un groove énergique et lancinant, des cuivres généreux, triomphants, l’héritage du célèbre Fela Anikulapo Kuti (1938-1997). La musique et les voix se ressemblent. L’orchestre du père, Egypt 80, est celui du fils. Et Seun Kuti, qui sort à 25 ans son premier album,ne renie pas son auguste filiation. « Je suis très inspiré par mon père. Nos individualités sont différentes, mais la musique reste la même », a-t-il affirmé à Afrik.com lors de son denier passage à Paris, en avril dernier. Il sait qu’il lui faudra du temps pour se faire un prénom, mais certains passages de son disque annoncent un renouveau.

Le jeune homme joue depuis son plus jeune âge, initié au chant, au saxophone et au piano par Fela et les membres de son orchestre. Il a effectué de nombreux concerts à travers le monde ces dernières années, mais sans enregistrer d’album. Une lacune à laquelle son public grandissant lui a demandé de remédier. Après bien des péripéties rencontrées au cours de sa recherche d’un producteur, c’est avec Tôt ou Tard, un label français, qu’il a signé son premier opus. C'est un révolté, comme papa. Seun chante le grand chef de la police, arrêté parce qu'il vole, et demande : «Mais alors, si le chef de la police est un voleur, qui va arrêter les voleurs?» Bonne question, fiston. Tout est bon dans le Kuti. Il chante bien, il danse bien, seul son jeu au sax n'atteint pas à celui de son père.

Seun Kuti - Many Things (Many Things, la chanson-titre de l'album où l'on entend les voix des anciens présidents (Obasanjo) et vice-président (Atiku) du Nigeria, ironise sur les propos des dirigeants africains persistant à dire que tout va bien, se flattant d'avoir fait de grandes réalisations pour le pays, "alors que rien n'a changé". "Je me dois de dénoncer tout cela", martèle Seun Kuti.)
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Enregistré à Lagos, Many Things est produit par Martin Meissonnier, le premier qui a fait venir en France Fela, puis King Sunny Adé, autre grande figure musicale du Nigeria. Le disque gronde des mêmes fondamentaux que ceux qui animaient Fela et agitent Femi, le fils aîné, découvert en France en 1988 au festival Musiques métisses d'Angoulême. Certes, comme son père, Seun joue du sax, danse, joue avec les Egypt 80 (dont certains des membres pourraient être ses grand-parents !)... Et la musique qu'il fait s'inscrit clairement dans la lignée de ce que faisait Fela - contrairement à son frère Femi. La ressemblance et la filiation ont quelque chose d'assez déroutant, même si quelques différences sont évidentes - surtout idéologiques (Fela était un "panafricaniste", Seun se définit comme un "blackist", plus généralement porté sur la cause noire, donc).
Mais, comme le montre la photo du tatouage sur son dos, cf. ci-dessous, Fela lives !!

Je m'adresse à ceux de ma génération et leur demande de réagir contre la corruption des politiciens qui ne pensent qu'à s'enrichir et oublient les besoins basiques de la population : électricité, eau courante." Si les gouvernants, au lieu de se remplir les poches, se souciaient d'installer l'eau courante et des canalisations, il n'y aurait pas d'eaux croupissantes où pullulent les moustiques, vecteurs de la malaria qui fait encore plus de ravages que le sida en Afrique, suggère le chanteur dans Mosquito Song, composé en 2005 pour le festival Roll Back Malaria, organisé par Youssou N'Dour à Dakar. Seun a aussi boycotté l'élection présidentielle d'avril 2007, exhortant les Nigérians à ne pas voter: «C'était la première fois depuis l'indépendance, en 1960, que le Nigeria avait l'espoir de voir un président démocratiquement élu - Olusegun Obasanjo - succéder à un autre. En réalité, Obasanjo avait tenté de modifier la Constitution, en 2006, pour obtenir un troisième mandat... Même s'il a échoué, il est parvenu, grâce à une élection truquée, à garder le pouvoir en faisant élire Umaru Yar'Adua, sa marionnette! La fraude a été massive. Dans certains bureaux de vote, comme celui de mon quartier, il y a eu deux fois plus de votes que d'électeurs et une centaine de personnes ont avoué avoir falsifié les bulletins!» Femi et Seun décrivent le Lagos d'aujourd'hui comme un gigantesque Bronx postnucléaire. Des voyous se faufilent sous les voitures, dans les embouteillages, pour arracher un fil électrique puis extorquer de l'argent pour la réparation. «Les Nigérians n'ont plus aucune estime d'eux-mêmes. La corruption ne choque plus personne! s'exclame Femi. Comme je le chante dans Traitors of Africa, le dictateur Ibrahim Babangida [qui a dirigé le Nigeria de 1985 à 1993] a volé 23,5 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat. Parallèlement, malgré nos immenses ressources pétrolières, le revenu moyen d'un Nigérian est de 300 euros par mois, alors que le coût d'une année scolaire est de 1 800 euros!» Seun se prépare à fonder un parti politique: «Je voudrais que les gens se rendent compte qu'ailleurs il existe des moyens de transport publics et même un système de sécurité sociale. Qu'ils sortent de cet état d'hébétude où les plongent la misère et le fanatisme religieux!»
Lorsqu'on demande aux deux frères (Femi et Seun) pourquoi ils restent dans ce pays à la dérive où chaque jour ils risquent leur vie, Seun répond: «Je demeurerai toujours fidèle au combat de mes ancêtres. C'est dans mes chromosomes. Un proverbe yoruba dit: "Le fils du tigre reste un tigre."» Femi, lui, renchérit: «Je n'ai pas peur. Et je n'ai pas le droit de trahir le surnom que je porte, celui que mon père s'était choisi pour défier le destin. En yoruba, "Anikulapo" signifie "Celui qui avance avec la mort dans sa poche".»

Les thèmes abordés dans cet album sont très politiques. La corruption, la guerre, la violence, des maux qui minent l’Afrique et que dénonçait Fela en son temps. C’est que, selon Seun, entre les années 80 et aujourd’hui, rien n’a changé. Au contraire, les choses ont empiré partout, estime-t-il, à commencer par le Nigeria, son pays, où « 1% des habitants possède 90% des ressources » et le pouvoir local est une véritable « mafia ». Une situation catastrophique qui, à l’opposé de nombreux autres artistes, l’empêche d’être fier de son continent : « Je ne suis pas fier d’être africain, je ne suis pas fier d’être originaire du continent mendiant ! ».
Seun Kuti juge que les déchirements et les échecs que connaît l’Afrique tirent leur source de la colonisation et des traumatismes induits par cette tragédie. « Les Africains ont été humiliés et rejetés pendant longtemps. Depuis la période coloniale, ils sont considérés comme des esclaves, des individus de seconde zone, des déchets. (…) Aujourd’hui, cette mésestime de soi fait partie de la psychologie des Africains, chacun l’a en soi… », diagnostique-t-il. Pour le musicien, l’Afro beat et son message restent l’un des meilleurs moyens de combattre ce mal, de faire les Africains prendre conscience des injustices et des travers de leurs dirigeants, de leur redonner confiance en eux-mêmes. Une véritable thérapie. Fela laisse derrière lui le souvenir d'un homme félin, beau et magnétique. De l'avis général, Seun Kuti, chanteur et saxophoniste, est la réincarnation de son père.


Concerts : le 26 mai à Paris (Bataclan), le 31 à Dijon (Festival Tribu), le 5 juin à Châtellerault (Festival Jazz à Châtellerault), puis festivals d'été et tournée française en octobre.

Album : Seun Kuti & Egypt 80 - Many Things - label Tôt ou Tard

liens : http://www.myspace.com/seunkuti

mardi 27 mai 2008

2 petites nouveautés glanées sur le web : "le corps mince de françoise" et "five o'clock heroes feat agyness deyn"

LE CORPS MINCE DE FRANCOISE


La pop électro de "LE CORPS MINCE DE FRANCOISE" est fraîche, sucrée et stimulante.
Musicalement plus proche de CSS que des "artique" Monkeys, ce jeune groupe Finlandais dégage une énergie solaire et oxygénante.
On espère un EP ou un album bientôt.

http://this.bigstereo.net/2008/05/07/le-corps-mince-de-francoise/http://lcmdf.blogspot.com/



Le Corps Mince de Françoise - Cool and Bored
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Le Corps Mince de Françoise - Bitch of the Bitches

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Five O'Clock Heroes feat. Agyness Deyn

Alors que les fashionistas ne parlent que d’elle, Agyness Deyn ne compte pas se limiter au milieu de la mode. La belle anglaise que les spécialistes surnomment déjà la «nouvelle Kate Moss» souhaite se lancer dans la chanson. Mais attention, pas de ballades sirupeuses et commerciales au programme. La star des podiums se lance dans le rock, le vrai. Agyness Deyn a même enregistré son premier simple avec le combo new-yorkais Five O’Clock Heroes. Après avoir collaboré avec le groupe, Agyness Deyn a déclaré qu'elle avait monté son propre groupe baptisé Gene Jacket.
Le jeune mannequin,la jolie Agyness Deyn, s'est éloignée des podiums le temps d'enregistrer un morceau (Who) avec le groupe new-yorkais Five O'Clock Heroes. Le supermodel bat même des cils dans le clip. Je n'ai qu'une envie : la manger !!!!!


Who - Five O'Clock Heroes feat. Agyness Deyn
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http://www.thefiveoclockheroes.com/
www.myspace.com/fiveoclockheroes

Peter Gabriel: "Le modèle payant est dépassé" interview


Peter Gabriel n'est pas qu'un musicien de talent. C'est aussi un businessman à la pointe des nouvelles technologies. (Reuters)
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Peter Gabriel, "Personnalité de l'année du Midem 2008", n'est pas venu au grand marché international de l'industrie musicale les mains vides. Pionnier des musiques du monde, entrepreneur avant-gardiste passionné par la révolution Internet, l'ancien membre fondateur de Genesis défend sa nouvelle plateforme de téléchargement de musique, We7, basée sur la gratuité, en échange de la publicité.

Vous semblez plutôt stimulé par la révolution Internet, à la différence de l'ensemble des acteurs de l'industrie musicale...
Oui pour moi il s'agit d'une opportunité excitante plutôt qu'un désastre. Pour les artistes, le Net permet de toucher les masses avec très peu d'argent. Au niveau de la distribution, c'est fantastique. J'espère voire une grande révolution venir : il existe des possibilités nombreuses de changer le contenu, la nature même de la musique produite, avec beaucoup plus d'audaces et d'expérimentations, pas forcément guidées par les impératifs économiques. Car Internet offre une vitrine inédite pour les musiciens dits "marginaux" Et donc une plus grande liberté de création pour des artistes qui peuvent produire et diffuser leur musique par leurs propres moyens. J'aime cette idée que les artistes auront peut-être un peu plus de travail, mais plus de liberté aussi. Reste la question centrale, le public est-il prêt à encore acheter des disques ? Oui, les succès de Mika ou Amy Winehouse le prouvent.

Après OD2, créée en 2000 - bien avant I-Tunes -, vous avez lancé en juin dernier We7, une plateforme de téléchargement de musique gratuite financée par la publicité. Vous ne croyez pas aux sites payants?
Pour les jeunes, le modèle payant est dépassé. Ils ont grandi avec Internet et n'entendent pas débourser un centime pour de la musique. Aujourd'hui, le prix de la gratuité passe par la publicité. Et je ne suis pas un adepte fervent de la publicité, loin de là. Mais comme elle est partout, pourquoi pas sur des sites de téléchargement où elles seront moins nombreuses que sur les radios ou télés commerciales. Sur mon site, quand un internaute télécharge un titre, il verra apparaître une publicité sur son écran. Mais la "nuisance" sera temporaire puisque la pub disparaîtra au bout de quatre à six semaines après le téléchargement du titre. A l'arrivée, vous gardez la musique sans la pub. Cela me semble une solution acceptable, la seule pour garantir la gratuité à l'internaute et assurer un revenu aux artistes.

Il s'agit de publicités ciblées obtenues grâce à des données personnelles des internautes. Quid de la protection de la vie privée?
C'est un problème. Il faudrait toujours garder l'option pour l'internaute de communiquer ou non des données personnelles. Mais il ne faut pas oublier un fait important: l'ère de la sphère privée est aujourd'hui révolue. A Londres, nous avons plus de caméra dans la rue que dans n'importe quelle autre ville au monde. Si je veux chercher des informations sur une personne, il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux comme Myspace et surtout Facebook...

Des maisons de disques sont déjà intéressées?
Des labels indépendants surtout comme V2 et Sanctuary (tous deux rachetés par Universal). Une major serait également intéressée... Nous en sommes au début de l'aventure mais nous avons déjà 1,3 millions de connexion pour 80.000 titres disponibles, dont des morceaux de Herbie Hancock, Coolio et des artistes plus confidentiels mais passionnants.

Et les annonceurs?
Michael Moore pour son film SiCKO, le premier à nous faire confiance. Sony Ericsson aussi et quelques autres qui tentent l'aventure. Michael Moore m'a dit que ce type de publicité se révèle aussi efficace que les pubs au ciné.

A terme, les maisons de disques vont-elles devenir obsolètes?
Non. Mais elles doivent apprendre à travailler différemment. Un petit groupe de grandes maisons de disques ont dicté les règles, cette époque est révolue, la situation s'est inversée. En outre les maisons de disques regorgent de gens passionnés, et ils doivent être utilisés à bon escient, dans des structures plus flexibles où ils seront plus efficaces que dans ces grands monstres monolithiques. Mais j'en suis convaincu, les maisons de disques existeront toujours. Radiohead a fait une belle opération avec son nouvel album : laisser l'internaute fixer le prix du CD. Mais dans le même temps, ils ont mis en vente un très beau coffret avec deux CD, un livre avec des visuels et des bonus pour 40 livres. Je l'ai acheté d'ailleurs. Et aujourd'hui, leur album est aujourd'hui distribué par une maison de disque.

Vous avez pensé quoi du dernier album de Radiohead?
Je suis fan, j'adore leur détermination à briser les frontières et à continuer à explorer. Cela me rappelle les débuts du rock progressif.

Vous avez prévu de sortir votre album cette année?
Franchement, à mon âge, je m'en fous. Je le sortirais quand il sera prêt. Je vais aussi attendre de voir l'évolution de la situation avec EMI pour me décider.

EMI traverse effectivement une crise avec la fronde d'artistes comme Robbie Williams et Coldplay, le départ des Rolling Stones et le plan de rigueur de Guy Hands (patron du fonds de pension italien Terra Firma qui a racheté EMI), lequel menace de virer les artistes non rentables...
J'ai grandi dans une ferme. Mon père faisait écouter de la musique à ses vaches et je peux vous garantir que le lait produit était de bien meilleure qualité que celui du voisin qui, lui, tapait ses vaches. Si vous voulez du bon lait des artistes, il faut s'en occuper et bien les traiter, avec respect. Guy Hands a du multiplier les rencontres avec des businessman, mais peu avec des artistes. Je pense qu'il ne les comprend pas vraiment, il semble même en avoir peur. Mais le business est basé sur le travail des artistes.

La tournée de Genesis l'été dernier ne vous a pas donné envie de rempiler avec vos anciens camarades?
Je n'ai même pas eu le temps de les voir. Mais je n'ai rien contre une reformation, ce n'est pas hors de question.

- Reprise de l'interview accordée au JDD le 27 janvier 2008 par Eric MANDEL
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