Ce qui est formidable dans le rock (qu'il soit des années 2000 ou de toute autre décennie), c'est qu'il y aura toujours une bande de gamins plus malins que les autres se réunissant dans leur garage pour cracher leur dégoût de la société, de l'ordre, de l'éducation, de leurs contemporains lobotomisés et qui sur ce terreau de frustration et de rejet vont faire jaillir un disque surpuissant qui va éblouir le monde entier. C'est là qu'arrivent les MGMT.
Sur leur pochette comme dans leurs clips, les deux MGMT ont des looks pas pensables, ils semblent appartenir à une espèce de communauté hippie attardée, ils ont l'air, malgré leur très jeune âge, d'avoir déjà consommé des quantités totalement déraisonnables de stupéfiants. Ah oui et ce sont eux deux qui ont entièrement de A à Z écrit, composé et interprété (voix, instruments) cet espèce d'OVNI musical pop-rock-électro-psychédélique.
Calmons tout le monde tout de suite néanmoins : « Oracular spectacular » n'est pas le chef-d'œuvre du siècle. Il est franchement inégal par moments, il y a un ou deux morceaux vraiment en dessous. Bref tout n'est pas réussi dedans. Seulement ce qui l'est, l'est dans des proportions stupéfiantes. Suffit de jeter une oreille sur l'invraisemblable single « Time to pretend ». Tout y est : des paroles parfaites (un hymne à la jeunesse comme on n'en avait plus entendu depuis... on ne sait même plus en fait), une rythmique énorme, mélange de guitare, de batterie et de sons électroniques, des voix superposées, une mélodie assez extraordinaire, un refrain qui tue, et une attitude de branleurs géniaux qui fait oublier à peu près tout ce qui se fait aujourd'hui. A ce jour, « Time to pretend » est de loin le meilleur single rock de l'année 2008, et m'est avis que ça va pas être facile de faire mieux.
MGMT - Time To Pretend (live at Later...)
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Mais on n'est pas encore au bout de nos peines. Derrière il y a un second single quasiment aussi parfait, le monstrueux « Kids ». Il y a le psychédélique « Weekend wars », le sensuel « The youth », un extraordinaire pastiche des Stones de la fin des années 70, « Electric feel », il y a le génial « Of moons, birds & monters » et son final instrumental planant. Tout du long le son est énorme, profond. La première écoute peut dérouter un poil : sur la lancée des deux singles, on s'attend à un album très rythmé, hyper entraînant, or la plupart des autres morceaux sont lents. Il faut donc plusieurs écoutes pour se laisser porter par ces titres qui prennent le temps de s'installer, de planter une ambiance, de monter en crescendo. Parce que oui, contrairement à l'énorme majorité de leurs contemporains donc, les MGMT sont de redoutables compositeurs de chansons (un truc comme « Time to pretend », fallait le sortir...).
Aussi, surtout allais-je dire (c'est là autant que sur les chansons qu'ils font vraiment la différence), comme tous les grands groupes de l'histoire du rock, les MGMT proposent un univers, un univers qui leur est totalement propre, et ça c'est fascinant. Non, encore une fois, ce disque n'est pas totalement génial, non il ne marquera peut-être pas définitivement l'histoire de la musique moderne. Néanmoins ce disque est addictif (quand il entre dans votre platine, plus moyen de l'en faire sortir), ce disque est puissant, ce disque vous donne envie d'exploser de rire quand on vous dit que les Libertines sont un groupe majeur. Et plus que tout, ce disque est vivant. Les MGMT sont d'aujourd'hui. Dans un an on les aura peut-être oubliés. Mais c'est ça aussi le rock. Le rock c'est la jouissance de l'instant, peu importe ce qui arrivera demain. De toute façon demain c'est loin comme disait l'autre. Les MGMT sont là aujourd'hui, pour éblouir le monde...
MGMT "Kids"
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MGMT, c'est un peu un condensé de ce qui se fait de plus audacieux en pop/rock/folk ces temps-ci. Porté par des échappées belles en pleine nature servies par une production ample et irréprochable, le premier album d'Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser laisse pantois tant il parvient à brasser une diversité musicale impresionnante, évoquant autant Arcade Fire que The Klaxons, comme si Animal Collective avait décidé d'envahir les dance-floors. Parfois déroutante, la galette n'en demeure pas moins étonnante et inventive, flirtant aussi bien avec la pop planante et dansante (en témoigne le single Time to pretend, dont le clip laisse libre cours aux songes les plus irréels), qu'avec les "fausses" ballades magnifiquement orchestrées (écoutez plutôt 4th Dimensional Transition, qui porte bien son nom). Voilà une oeuvre qui, si elle n'est pas révolutionnaire, nous fait tout au moins continuer à penser que la musique populaire ne rime pas forcément avec formatage. Poétique et salutaire!
Les MGMT seront-ils capables de renouveler pareil exploit ? Car il faut aussi l'avouer, on distingue dans ce Cd quelques influences, quelques tics d'écriture, quelques arrangements que l'on trouvait chez les Bee Gees, Chic, Abba, les Pet Shop Boys, artistes certes talentueux, mais dont la simple évocation sur un dossier de presse suffit à plomber une carrière. Ou bien les MGMT donneront dans l'expérimental branché, dansant et foireux (la fin du Cd). Ou bien ils ne seront même pas foutus de sortir d'autre disque.
Alors voilà, on échappera difficilement à MGMT dans les mois à venir. Ils bénéficient de la puissance d’une major, écrivent des textes décalés (« Let’s make some music, make some money, find some models for life / I’ll move to Paris, shoot some heroin and fuck with the stars »), travaillent un look « nu-rave not dead », soignent leur caution indé (ils tournent avec Of Montreal et Yeasayer) et sont de la dernière net-mode avec leurs clips interactifs : bref, ce n’est plus du management, mais du marketing bien roulé. On peut difficilement en vouloir à MGMT à propos de leur soit-disant "je m’en foutisme" politique, ce serait un peu comme en vouloir à, disons, Tony Parker de ne pas fustiger la politique étrangère de Bush après chaque panier. Signe (syndrome ?) de l’époque, ce retour au son sirupeux et complaisant des 70’s est finalement une régression assez proche de Justice defendant un mix du pire des années 80, en totale déconnexion avec la dureté des temps (la derive Sarkozy pour les uns ; le bellicisme des Etats-Unis pour les autres).
MGMT - Electric Feel
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Album : MGMT - Oracular Spectacular - (Columbia)
http://www.myspace.com/mgmt
http://www.whoismgmt.com/
dimanche 15 juin 2008
Le son de demain de la semaine s’appelle MGMT
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jeanphilippe56
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6/15/2008 09:47:00 AM
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mardi 3 juin 2008
Sergio Mendes, sortie de l'album "Encanto", l'autre grand Serge est de retour
A 67 ans, c’est un nom incontournable de la musique brésilienne mais aussi tout simplement de la musique, 45 ans d'une carrière incroyable avec près de 40 albums (!) au compteur : une longévité qui laisse rêveur ! Avec une série de tubes planétaires, Sergio Mendes règne en pape de la musique populaire brésilienne.
Quant à l’acuité du maître, on peut dire qu’à l’écoute de son Encanto (« Enchantement ») on est sous le charme ! Loin de rester dans un style éprouvé, Sergio n’hésite pas à se frotter à la nouvelle génération de producteurs comme Will I Am pour un résultat haut en couleur. Sergio Mendes, à l’instar du compositeur Antonio Carlos Jobim, le guitariste Joao Gilberto et le parolier Vinicius de Moraes, est à l’origine du mouvement bossa nova qui tire son origine de la samba et qui a vu le jour à la fin des années 1950.
Qu’on ne s’y trompe pas, malgré quelques originaux, « Encanto » est en réalité un disque de reprises, ou plutôt d’adaptations. Entre rythmes de carnaval et mélodies nonchalantes, Mendes y arrange à sa sauce 100% soleil quatre titres phares du grand Carlos Jobim, mais aussi et entre autres le « Look of Love » de Burt Bacharach, déjà transformé en bossa langoureuse sur le cultissime album « Brasil ‘66 » il y a quarante ans. Le musicien, qui a co-produit ce projet avec Will.i.am des Black Eyed Peas, avec qui il avait déjà collaboré en 2006 , a confié l’interprétation de chaque chanson à différents artistes, dont Carlinhos Brown, Natalie Cole, sa femme Grancinha Leporace, Juanes et… Zap Mama, dont la reprise en français du standard « Waters of March » constitue d’ailleurs la seule faute de goût de l’album. Côté musiciens, le casting est tout aussi impressionnant. De quoi passer quelques bonnes soirées d’été.
Sergio Mendes "Encanto" EPK - International Version
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Pianiste de jazz, compositeur, il est parti de Rio de Janeiro, au milieu des années soixante, à la conquête de l'Amérique. En s’installant à Los Angeles il crée son groupe « Brasil 66’ » et mélange la bossa-nova et la pop musique avec des hits tel que « Mas Que Nada » ou « The Look Of Love ». Complice d’Herb Alpert, de Burt Bacharach et aujourd’hui en compagnie du rappeur Will I Am, il reste au sommet des artistes populaires. Depuis quarante ans, sur ses pochettes de disque, il affiche souvent un collier de barbe coupé net, une mèche proprette et un visage affable. Aujourd'hui, la barbiche s'est clairsemée, quelques rides sont apparues, mais le sourire de crooner latino reste intact. Sergio Mendes incarne le swing mâtiné de bossa-nova. Un genre qu'il a mis au monde à l'aube des années 1960 avec son groupe Bossa Rio, qui accueille alors Tom Jobim, João Gilberto ou Stan Getz. «Le plus beau moment de la musique brésilienne», dit-il. Son succès est immense, qui court jusqu'aux Etats-Unis et au Japon. Il est le meilleur ambassadeur des rythmes du Brésil. Mais il fait des jaloux et connaît plusieurs périodes pendant lesquelles le public ne le suit plus. Son pays lui reproche sa «jet-set pop» pour mamies de Las Vegas.
Stevie Wonder ou les Black Eyed Peas vous le diront : "avec lui, l'Amérique s'est crue à Copacabana". En 2006 Will I Am, leader des Black Eyed Peas réquisitionne Stevie Wonder, Justin Timberlake et Erika Badhu pour travailler avec Sergio Mendes.
"Dans les années 60, il y avait la musique hippie, la soul, le rock, le blues, le jazz. Et puis Sergio Mendes est arrivé en disant "Hé, vous connaissez la musique brésilienne?". C’est lui qui l’a importée aux Etats-Unis."
Sergio Mendes "Funky Bahia"
Sergio Mendes "Funky Bahia"
Here's the "Funky Bahia" music video by Sergio Mendes. "Funky Bahia" appears on the Concord Records album "Encanto," available June 10th, 2008 in the U.S. Available now internationally.
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Il y a quarante-ans, l'Amérique se convertit à la bossa. En 1966, Sergio Mendes devient avec Mas Que Nada le premier Brésilien à rafler la mise en squattant le top des charts américains.
Sergio grandit dans la banlieue de Rio de Janeiro. Fils de médecin, il suit gamin des études de piano classique.
"Je m'intéressais plus au football à ce moment-là. C’est quand j’écoutais du jazz que j’étais impressionné et un peu réveillé. J’ai commencé à écouter un peu tous les pianistes de jazz Horace Silver, Art Tatum, Bud Powel et tout ça, ça a changé ma vie. "
A la fin des années 50, Sergio Mendes fréquente les clubs qui bordent la plage de Copacabana. Il y découvre la bossa nova qu'Antonio Carlos Jobim vient d'inventer avec Chega de Saudade.
"Dans les années 60 à Copacabana, je jouais dans une boîte de nuit. Antonio Carlos Jobim est venu [...] On a travaillé ensemble des arrangements pour moi. On est
devenu très copain."
Sergio Mendes
Sergio Mendes - Mas Que Nada
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La Bossa Nova accompagne la révolution douce, initiée par le nouveau président brésilien Kubitschek, qui rêve de faire progresser son pays de 50 ans en cinq ans. À la fin des fifties, il fait sortir de terre à 1000 mètres d'altitude une nouvelle capitale ultra-moderne: Brasilia dessinée par l'architecte Oscar Niemeyer. L'ère du renouveau souffle sur le Brésil. La bossa nova en est l'ambassadrice.
"En 1962, il y a eu un concert de bossa nova au Carnegie Hall, à New York, c’est la première fois que je quittais le Brésil. Il y avait Antonio Carlos Jobim, Joao Gilberto. J’étais avec le Bossa Rio, et on a donné un concert. "
Grâce à ce concert, la fièvre bossa nova gagne l'Amérique. Dans la salle, Miles Davis et Ella Fitzgerald assistent au sacre de Joao Gilberto, Tom Jobim et Sergio Mendes.
Mas Que Nada featuring the Black Eyed Peas
Mas Que Nada featuring the Black Eyed Peas
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Pendant ce temps-là au Brésil, les militaires soutenus par la CIA liquident l'ère Kubitschek. Le 1er avril 1964, le coup d'état éclate, les tanks entrent dans Rio.
"J’ai un fils, Rodrigo, qui est né en avril 64, le jour de la révolution brésilienne. C’était un temps pas sympathique au Brésil. Et j’ai décidé de partir avec mon orchestre, m’installer à Los Angeles et commencer une vie là-bas."
En Californie, Sergio fonde un nouveau groupe, Brasil 66, et fait pénétrer le son lounge de la bossa, dans les foyers américains.
Sans complexe, Mendes revisite le répertoire anglo-saxon, des Beatles à Burt Baccharah et fait un tabac avec la reprise de The Look Of Love en 1968. Les stars d'Hollywood deviennent ses meilleurs amis. Il est même l'invité de la Maison Blanche.
Quarante-ans 40 après s'être frotté à la pop, Sergio Mendes récidive en relevant la bossa à la sauce hip-hop des Black Eyed Peas et de Will.I.Am.
Album : Sergio Mendes "Encanto" - Universal / Universal Music Division Ulm [universal]
Liens :
http://www.sergiomendesmusic.com/www.myspace.com/sergiomendes
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jeanphilippe56
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6/03/2008 09:18:00 AM
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lundi 2 juin 2008
La Rumeur contre Sarkozy: le marathon judiciaire se poursuit aujourd'hui 3 juin
Le nouveau procès en appel intenté par le ministère de l'intérieur contre Hamé aura finalement lieu le mardi 3 juin à 14h devant la Cour d'appel de Versailles.
Six ans que ça dure. Depuis 2002, le ministère de l'Intérieur s'oppose au groupe La Rumeur, et en particulier à Hamé qui répondra à la barre sous le nom de Mohamed Bourobka. Accusé d'avoir diffamé la police française dans un article et malgré deux relaxes, le rappeur va devoir s'expliquer une nouvelle fois devant la cour d'appel de Versailles ce mardi.
En entrant dans le tribunal, Hamé aura en main une pétition de soutien à La Rumeur au bas de laquelle figurent 10 000 signatures: une liste de deux cents pages qu'il déposera sur le bureau du juge en début d'audience. Les fans, encouragés sur le site du groupe à venir le soutenir, devraient également venir en nombre au rendez-vous.
Hamé arrivera avec cinq témoins qui se succèderont avec lui à la barre, au cours de l'après-midi: les deux historiens Jean-Luc Einaudi et Maurice Rajfus, le journaliste Grégory Protche, le sociologue et chercheur au CNRS Jean-Pierre Garnier ainsi que la linguiste Dominique Lagorgette. Ces cinq intellectuels l'ont aidé à élaborer une défense d'ordre politique et prouver, comme en première instance puis en appel, que le contenu de son article est historiquement fondé.
Hamé
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L'affaire a débuté en juillet 2002. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, dépose une plainte contre Hamé. Le rappeur est accusé de "porter atteinte à l'honneur et à la considération de la police nationale". L'objet du délit est une article de 3 pages titré: "Insécurité sous la plume d'un barbare", écrit par Hamé et publié en avril 2002 dans le petit magazine gratuit édité par le label de son groupe, "La Rumeur Magazine".
Le fanzine accompagnait la sortie de "L'Ombre sur la mesure", le premier album de La Rumeur. Le litige porte sur trois phrases de cet article, dont celle-ci: "Les rapports du ministère de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété."
Après avoir été relaxé à deux reprises, en première instance, le 17 décembre 2004, et en appel, le 22 juin 2006, Hamé est renvoyé, contre toute attente, par la Cour de cassation -via l'arrêt du 11 juillet 2007- devant la cour d'appel de Versailles. Hamé, joint au téléphone, explique:
"Le lien de cause à effet, entre la nomination toute récente, au moment du procès, de Nicolas Sarkozy aux plus hautes fonctions de l'Etat et ce renvoi en cassation de l'affaire après deux relaxes, ne fait aucun doute pour moi."
"Politiser un débat jusqu'ici confiné dans la sphère de la recherche universitaire"
Hamé n'aura certes pas été le premier rappeur à avoir tenu des propos considérés comme diffamatoires qui le conduiront devant les tribunaux -avant lui, Ministère Amer et NTM ont été condamnés en 1995.
Mais Hamé est le premier d'entre eux, soutenu par l'ensemble des quatre autres membres de La Rumeur, à vouloir se servir de son procès "pour ouvrir publiquement et politiser un débat jusqu'ici confiné dans la sphère de la recherche universitaire". Ce mardi, Hamé se dit déterminé à tenter une nouvelle fois de faire bouger les lignes:
"Il s'agit de refuser que soit considéré comme diffamatoire le fait de critiquer publiquement les épisodes des massacres du 17 octobre 1961, de la station Charonne ainsi que les nombreuses bavures perpétrées à l'encontre de jeunes issus de l'immigration dans ce qu'on appelle les quartiers à partir des années 80."
"La nouveauté dans notre système de défense sera d'aborder l'article incriminé en tant qu'objet littéraire s'inscrivant dans une tradition bien française, en l'occurrence celle du pamphlet. Pour démontrer qu'avec ce texte, je ne viens pas de nulle part, mais que je m'inscris dans une tradition, et que je suis enraciné dans une réalité sociale, historique, culturelle et artistique française.
"Nous avons décidé de mieux démontrer et affirmer que nous avons toute légitimité à faire ce que nous faisons et à dire ce que nous disons. Et c'est essentiel, car en nous intentant ce procès on nous signifie qu'on n'est pas autorisé à s'exprimer sur le plan politique."
La rumeur - Tout le monde en parle
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"Le groupe de rap le plus structuré intellectuellement que j'ai eu à défendre"
Titulaire d'un DEA en audiovisuel et en sociologie des médias, Hamé est donc résolu à assumer la dimension politique du procès. Son avocat Dominique Tricaud declarait d'ailleurs il y a un an à Libération:
"C'est le groupe de rap le plus structuré intellectuellement que j'ai eu à défendre, d'une intelligence exceptionnelle."
"Depuis trois ou quatre décennies s'est forgée dans ces quartiers une mémoire collective qui est traversée et ensanglantée par les crimes policiers et les violences policières racistes demeurés impunis. Ces cinq témoins vont m'aider à prouver que les humiliations policières à répétition font bien partie du quotidien pour un certain nombre de ces jeunes."
Quelle que soit l'issue de ce procès, Hamé et La Rumeur sont déterminés à aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme, pour que soit reconnue leur "légitimité à s'exprimer". Ils ne se font pas d'illusion et savent qu'"il faudra un certain nombre d'affaires comme celle-ci pour qu'on puisse un jour parler librement de ces périodes sombres de l'histoire de France".
"Avec les frais de justice, on aurait pu financer deux ou trois albums"
En attendant, les pertes financières occasionnées par ces démêlés avec la justice fragilisent les finances de leur jeune label, La Rumeur Records, comme tient à le préciser Hamé:
"Avec l'argent investi dans cette bataille juridique, on aurait pu financer deux ou trois albums ou deux ou trois tournées ou produire un jeune groupe. Mais nous avons dû consacrer ces vingt mille euros à nos frais d'avocat."
"L'équation "médiatisation du procès" = "explosion des chiffres de vente de disques" ne se vérifie pas dans notre cas, même si un nouveau public nous a découvert à la suite de cette affaire. Mais nous ne nous plaignons pas, car on estime que c'est aussi un des rôles de La Rumeur que de livrer ce genre de combats."
A la fin du reportage tv réalisé au moment de la condamnation de NTM, qui date de1996, Jack Lang déclarait:
"Au moment où on va faire entrer André Malraux au Panthéon, je ne peux pas ne pas me souvenir que des censeurs de tout poil avaient demandé au ministre de l'époque d'interdire la pièce de Jean Genet 'Les Paravents', qui mettait en cause les militaires pendant la guerre d'Algérie.
"Et André Malraux leur a répondu avec vigueur: 'Il faut réfléchir à deux fois avant de décider de jeter la liberté par la fenêtre'. Malraux avait conclu: 'Je choisis la liberté.' Et je choisis, à l'image de Malraux, la liberté."
La Rumeur - L'Ombre sur la Mesure
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Vous pouvez apporter votre soutien à La Rumeur en signant le texte d'appel ci-dessous. La liste des signataires viendra s'ajouter au dossier de la défense.
Nous artistes, intellectuels, et citoyens, nous déclarons solidaires du groupe de rap La Rumeur, poursuivi avec acharnement et malgré deux relaxes, depuis cinq ans par le ministère de l’intérieur pour avoir publié un texte mettant en cause les violences policières depuis plusieurs décennies en France.
Nous le faisons au nom du principe fondamental de la liberté d’expression. Mais aussi parce que nous estimons qu’il est urgent que s’ouvre enfin un débat sans tabou sur les pages sombres de l’histoire de la police française.
La justice doit reconnaître qu’il n’est pas diffamatoire de revenir sur les massacres d’octobre 1961, de Charonne, ou les bavures commises depuis les années 80.
Premiers signataires : Noir Désir, Mouss et Hakim (Zebda), Kader Aoun, Jacky Berroyer, Benjamin Biolay, Cali, Esther Benbassa (directrice d'études à EPHE-Sorbonne), Denis Robert (écrivain), Olivier Cachin (journaliste), Christophe Honoré (réalisateur), Raphaël Frydman (réalisateur), Erik Blondin (gardien de la paix), Geneviève Sellier (universitaire), Philippe Manoeuvre (rédacteur en chef de Rock & Folk), Bruno Gaccio (auteur), Lydie Salvayre (écrivain), François Bégaudeau (écrivain), Bernard Comment (écrivain, éditeur) ...
Plus d'infos sur :
http://la-rumeur.com
Merci a Clotilde Monteiro de Rue89 (http://www.rue89.com/)
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jeanphilippe56
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6/02/2008 04:30:00 PM
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vendredi 30 mai 2008
Nouveaux ou a venir
Vivons tout nus avec Sigur Rós
Attention ça va aller très vite. A l’heure où vous lirez cet article la vidéo ne sera peut-être déjà plus disponible. Car le groupe islandais Sigur Rós surprend avec son nouveau clip Gobbledigook, dans lequel tout le monde est nu et communie avec la nature (oui, c’est beau). On se doute que les sites de partage de vidéos vont être submergés de demandes de censure, sachant que même le compte Youtube officiel du groupe n’a pas pu poster son clip. Pas la peine d’essayer de se réfugier derrière l’expression artistique… Sinon fort heureusement, le clip est visible sur le site officiel du groupe (encore heureux). N’hésitez pas à poster des liens où la vidéo est disponible, histoire de voir qui sont les sites courageux… Il y a aussi Facebook pour le moment : http://www.facebook.com/video/video.php?v=20013278377
Les Islandais de Sigur Ros ont inventé un rock expérimental complètement singulier.
Après un premier album, "Von", sorti en 1997, Jon Thor Birgisson (guitare, chant), Georg Holm (basse) et Agust (batterie) publient "Agoetis Byrjun" en 1999. Ethéréé, spatiale et spéciale, la musique de Sigur Ros traverse les frontières et reçoit la possibilité de jouer en première partie de la tournée de Radiohead en 2001 ainsi que de celle de Godspeed You! Black Emperor.
En 2002, Sigur Ros sort "( )", album qui a la particularité d'être chanté envolenska, une "langue" inventée par Birgisson, proche de l'islandais au niveau phonique, mais dénuée de sens. Les séries signifiantes sont à découvrir dans une lecture sonore propre à l'auditeur. Plus brut, difficilement accessible, cet album d'ambiances rock et electro se vend néanmoins particulièrement bien dans le monde, notamment aux Etats-Unis et en Angleterre. En 2005, le groupe revient avec "Takk...", suivi de "Hvarf - Heim" en 2007.
Une musique novatrice et planante au lyrisme froid : le frisson Sigur Ros
Les islandais viennent d'annoncer la sortie de leur cinquième album pour le 23 juin 2008 ("Með suð i eyrum við spilum endalaust" qui pourrait apparemment se traduire par "Avec ce bourdonnement dans nos oreilles, nous jouerons éternellement")
"Gobbledigook" en est le premier extrait (downloadable gratuitement sur leur site).
Sigur Ros - Gobbledigook réalisé par Arni & Kinski (si la video a été censurée, allez ici : http://www.sigurros.com/dvd3.asp___________________________
Rythmes tribaux, chant aérien, guitare acoustique... ce titre ressemble à une promenade en terre d'innocence... avec des références évidentes à piocher du coté d'ANIMAL COLLECTIVE.
Vous pouvez en ce moment télécharger ce morceau gratuitement sur le site de Sigur Ros. Sigur Rós sera en concert le 6 juillet à Arras (62) et le 15 août à Saint-Malo (35)
http://www.myspace.com/sigurros
http://nybatteri.free.fr/
http://www.sigur-ros.co.uk/
Ratatat (touille) - LP3 nouvel album
Ratatat est un duo New-Yorkais composé de Mike Stroud (guitariste) et d'Evan Mast (multi-instrumentiste) qui se spécialise dans le rock instrumental. Ratatat, c'est surtout un numéro incongru qui tranche dans le circuit rock actuel, où tant de groupes guitare/basse/voix interchangeables sont bien rangés dans leur petite case. Enfin... rock ? Pas si sûr. À l'instar de Tv On The Radio et son génialissime Wolf like me, le groupe résulte plutôt de la fusion de rock et du hip hop (avec en plus une touche de synthé et d'effets), une sorte de kaléidoscope stylistique où toutes les influences diverses et variées se mélangent pour nous livrer des morceaux psychédéliques à tendance électronique. Rien de bien compliqué pourtant, les accords sont relativement simples et peu nombreux, les riffs souvent saturés, et les effets sûrement issus de processeurs et autres ordinateurs... Bien que Ratatat soit ancré dans la communauté rock, on pense parfois au Daft Punk en pleine crise de copier-coller à l'époque de Discovery.
La première qualité de Ratatat est donc de ne ressembler à rien de connu (ou éventuellement à l'hurluberlu japonais Zongamin mais comme il n'est lui-même pas très célèbre, cela ne compte pas). C'est aussi un groupe sans chanteur, ce qui est pour le moins original, le rock instrumental, contrairement à la techno, au jazz ou au hip-hop, n'étant plus si fréquent depuis la fin des années 60, la dissolution des Shadows et la triste mort de Link Wray. Quant aux groupes de musique ambiantale, brièvement regroupés sous la bannière «postrock» (Tortoise, Godspeed...) à la fin des années 90, certes ils ne nourrissaient pas non plus de chanteur en leur rang, mais les airs solaires et fanfarons de Ratatat ne sauraient leur être rattachés. Un titre comme Tropicana évoquant bien plus le monde enchanté de la pop psychédélique expérimentée par les Beatles aux cours des années 60 que celui des groupes dépressifs nés après la mort du grunge.
De toute manière, est-il possible de ranger Ratatat dans une quelconque famille, hormis celle, chaque jour plus importante (Herman Düne, Grandaddy, Sebastien Tellier, Arab Strap, TV on the Radio...), des hurluberlus à barbe de trois jours ?
Le prochain album de Ratatat va être disponible le 8 juillet et il va s’intituler “LP3“. Ils avaient déjà sorti le simple Shiller et voici que le second simple Mirando pointe le bout de son nez en vidéo.
Ratatat - Mirando
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http://www.ratatatmusic.com
http://www.myspace.com/ratatatmusic
Joseph Arthur - Lonely Astronaut (new song)
Que peut-on attendre de Joseph Arthur en 2008 ? A l’écoute de son précédent album, "Let’s Just Be", on a envie de répondre : pas grand-chose… Mais voilà, le songwriter est productif et alors que son prochain disque "All You Need Is Nothing" se profile à l’horizon pour le mois d’août, Joseph Arthur nous propose une série de trois EPs plutôt bien garnis. "Could We Survive" est le premier d’entre eux.
Lonely Astronaut est un nouveau et excellent morceau du grand Joseph Arthur diffusé sur son blog et sa page MySpace.
Quant à l'album, All You Need Is Nothing, il devrait être disponible le 5 août.
http://www.josepharthur.com/
http://www.myspace.com/josepharthur
Phoenix renait
Les Phoenix viennent de produire un nouveau morceau gratuit pour soutenir l'association "Action Contre La Faim". Le morceau n'est pas transcendant mais il permet de nous faire patienter jusqu'à la sortie du nouvel album du groupe cette année.
4 ans après leur envol "United', les petits frenchy ont fait parler d'eux, toujours associés à cette image (devenue fréquente ces derniers temps) "Versailles-Air-Coppola Connection", d'où ils puisent leur Source.
Phoenix Twenty-one one zero Preview
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http://www.wearephoenix.com/
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jeanphilippe56
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5/30/2008 01:46:00 PM
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John Zorn/Lou Reed/Laurie Anderson - The Stone : Issue Three
Né à New York en 1953, John Zorn a joué de plusieurs types d'instruments avant d'étudier le saxophone et la composition à l'Université de Webster à St-Louis au début des années 70. Musicien-compositeur-producteur, enfant terrible de la musique américaine postmoderne, il est devenu un des artistes les plus influents de « l'avant-garde ». Il a composé de nombreuses ouvres explorant une grande variété de genres parmi lesquels le jazz, le rock, le punk, la musique classique, l'improvisation sans oublier la musique de films.
Vers la fin des années 80, il fonde le groupe Naked City composé de Bill Frisell à la guitare, Fred Frith à la basse, Wayne Horvitz au clavier, Joy Baron aux percussions et Yamatsuka Eye pour la partie vocale. Dès les premiers enregistrements du groupe légendaire fondé par Zorn, la transgression des genres atteint de nouveaux sommets. En 1991, il forme un autre célèbre groupe de jazz expérimental, Painkiller, avec Mick Harris et Bill Laswell.
Dans les années 90, il fonde Tzadik dont le premier grand coup a été la publication des 10 disques réalisés en studio de son quartette Masada, son grand projet de recherche sur l'identité culturelle juive. Le groupe Masada formé principalement autour de Joy Baron (batterie), Greg Cohen (basse) et Dave Douglas (trompette) a pour objectif de transfigurer le klezmer en « culture juive
radicale ». Une musique exploratoire où le klezmer de ses racines juives se conjugue au free-jazz.
En 30 ans de carrière, John Zorn est toujours demeuré fidèle à une démarche sans concession. Malgré son statut de musicien touche-à-tout, il a su garder la ligne dure. Le Festival international de musique de Victoriaville l'a invité à 12 reprises depuis 1988 avec des formations de tout acabit. Zorn voyage et joue régulièrement sur scène, avec son groupe ou d'autres collaborateurs, aux États-Unis, au Japon et en Europe
Troisième épisode discographique d’un projet conçu pour subvenir au fonctionnement du Stone, le club de la scène downtown new-yorkaise dirigé par John Zorn, The Stone : Issue Three réunit aux côtés du prolifique saxophoniste, Lou Reed (guitare électrique) et Laurie Anderson (violon et machines), pour un concert avant-gardiste enregistré en comité réduit. Un set sobrement décomposé pour le besoin du disque en trois parties, elles-mêmes subdivisées en plusieurs mouvements au gré des improvisations mutuelles.
Ce troisième volume documente les frasques improvisatoires de ZORN et du couple REED / ANDERSON du 10 janvier 2008 pour trois sets qui, vu l'exiguïté du lieu et la renommée des intervenants, affichèrent complet longtemps à l'avance. Ici trois extraits sulfureux : un violon contemporain, un saxophone déchiré entre les slaps et les squeaks, et une guitare rageuse et saturée. Soit le son d'un New York transgénérationnel - le type même de rencontres qu'on n'aurait osé imaginer ! -, recouvrant un demi-siècle d'expérimentations et dont le génie et la subversivité en scellent à jamais le propos. Malaxée au son des instruments, 48 minutes durant, la matière musicale bouillonnante de The Stone : Issue Three met la frousse, subjugue, ravit, déroute, place l’auditeur au cœur d’un no man’s land musical subversif, qui n’est rien d’autre que la création à l’état pur.
Acoustic Masada (2006) - Tharsis
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Album : John Zorn/Lou Reed/Laurie Anderson - The Stone : Issue Three - label Orkhêstra TZ 0004 - 2008
http://www.tzadik.com
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jeanphilippe56
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5/30/2008 12:46:00 PM
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Sébastien Tellier - Divine - Eurovision & la polimique de la langue
C'est la Russie qui a remporté le 53e concours de l'Eurovision. Le candidat français, Sébastien Tellier, se retrouve dans les limbes du classement (18e sur 25, ex aequo avec la Suède). L'interprète de "Divine" a été desservi par une réalisation catastrophique, qui a été incapable de correctement filmer sa mise en scène décalée (une arrivée en voiturette de golf, notamment).
Sebastien Tellier - Eurovision 2008 [Divine] France
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C’est Sebastien Tellier, chanteur electro-pop au penchant avéré pour les costumes couleur crème, à la croisée entre Chabal et Raël, qui nous a représenté, après avoir emporté l’investiture lors du traditionnel concours télévisé de sélection sur France 3. La chanson choisie, Divine, est une petite bombe joyeuse très electro-pop justement (voir le clip ci-dessus). Mais quand on constate qu’en face, on a un Chikilicuatre Espagnol, voire Dustin, une dinde qui braille sur de la techno pour représenter l’Irlande (je ne plaisante pas…), on est quand même en droit de se demander qu’est ce que Tellier est allé foutre dans ce bourbier… On peut imaginer que le côté kitch du programme couplé à la mission divine (je sais…) de représenter la France devant l’Europe des ménagères de moins de 50 ans, ont su exciter le bonhomme, peut-être en mal de reconnaissance par le grand public en France…
Enfin, toujours est-il qu’en terme de visibilité au moins, il en aura tiré quelque chose. Car, ce qu’il y a de bien en France, c’est que lorsqu’il s’agit de musique, on a toujours un député UMP pour la ramener. On avait eu François Grosdidier, qui avait eu la brillantissime idée au lendemain des émeutes de l’automne 2005, de présenter un texte de loi visant à condamner des rappeurs comme Monsieur R, ou des groupes comme 113, Lunatic ou encore Minister Amer (tous deux déjà dissous à l’époque, trop fort le Grosdidier) pour certains propos amers envers la France allant même jusqu’à dire de ceux-ci “cela conditionne et c’est ce qui fait passer à l’acte”. On en rigole encore… Cette fois, le problème est de nature différente pour François-Michel Gonnot qui se plaint comme c’est pas permis:
“Nombre de sociétés imposent l’anglais comme langue de travail à la place du français, la Commission européenne vient de supprimer le français de ses publications statistiques, et le summum vient d’être atteint avec le 53 ème concours Eurovision de la chanson où notre pays sera représenté par une chanson …en langue anglaise, « Divine », du chanteur français Sébastien Tellier”
Franchement on croit rêver… On a donc des députés qui n’ont rien d’autre à foutre que de se pencher sur le fait que la chanson qui représentera la France sera interprétée en anglais. Alors oui, c’est une première pour la France… Et alors? Même si ce n’était pas du tout le but, on peut au moins arguer que pour une fois, on aurait fait un effort pour se faire comprendre par nos voisins. Et puis dans le fond, en français, en anglais ou en moldave, faut pas déconner, il n’y a rien de gratifiant à gagner l’Eurovision… Enfin, toujours est-il qu’au final, les Anglais se foutent bien de notre tronche, car comme le souligne Henry Samuel, le correspond du journal anglais The Telegraph :
“Divine aura provoqué la controverse dans un pays sensible en ce qui concerne l’empiétement de la culture anglo-américaine sur sa langue et son art”
Mais le plus notable, est ce qui se passe au sein même de la scène musicale française, comme le souligne Sébastien Davet, dans un article tres instructif (Le Monde, 13 avril 2008) : « […] c’est un fait : le rock français chante de plus en plus et de mieux en mieux en anglais. » Davet nous cite quelques artistes sans complexes : « The Do, Cocoon, Moriarty, Syd Matters, HushPuppies, Soko, Fancy... » et ceux qui avaient ouvert la voie avec la french touch techno (Daft Punk, Air, David Guetta, Justice ou Martin Solveig) .
The Do
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Le fait est que si The Do, Scenario Rock (précurseurs de fusion disco-électro–rock) ou Solveig font une carrière internationale, c’est parce qu’ils chantent en anglais et que si des groupes géniaux et innovants comme Noir Désir ne sont connus que dans quelques pays limitrophes (Litfiba en Italie s’était inspiré du style des Bordelais) et que par quelques fans du genre, c’est parce qu’ils chantaient plutôt en français.
Bon, que des groupes chantent en anglais, ce n’est pas nouveau ni honteux en soi, mais c’est surtout un certain état d’esprit qui est nouveau. Ecoutez plutôt, toujours tiré de l’article de Davet : «[…] Pas simple pourtant pour ce type d’artistes de s’imposer, alors que des quotas de 40 % de chansons francophones sont imposés, depuis 1986, dans les radios en France. « Nous rentrons en concurrence avec tout le répertoire anglo-saxon, regrette-t-il. Cela nous ferme presque totalement les portes des radios.» […]». Encore un peu et on sortirait nos mouchoirs. On croit vraiment rêver ! La langue française est menacée jusque dans son fief et on regrette les quotas ! Mais heureusement que ces quotas existent. Sinon, on en serait à la situation qui prévaut en Belgique, où aucun groupe de rock digne de ce nom ne chante plus dans sa langue natale (dEUS, Hoverphonics et Girls in Hawaii pour les plus connus).
www.myspace.com/telliersebastien
www.sebastientellier.com/
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jeanphilippe56
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5/30/2008 12:37:00 PM
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mercredi 28 mai 2008
Petites decouvertes entre amis : Tegan and Sara
J’ai découvert ce groupe canadien dans la série L Word avec le morceau "So Jealous". Pourtant il ne date pas d’hier puisqu’en 2007, les filles ont sorti leur 5ème album, "The Con". A noter qu’on retrouve aussi Tegan and Sara sur la BO de la série médicale "Grey’s Anatomy".
L'univers des soeurs Tegan Rain et Sara Kiersten Quin, alias Tegan & Sara, est assez unique en son genre. D'abord parce qu'elles sont canadiennes, ce qui les place potentiellement sur une liste composée de Céline Dion, Robert Charlebois, Malajube et Sum 41. Mais aussi parce qu'elles sont jumelles, ce qui rend leur duo atypique et paradoxalement complémentaire ; les deux soeurs composent d'ailleurs leurs chansons séparement. The Con est leur cinquième album, produit par Tegan & Sara avec Chris Walla (des Death Cab for Cutie)
Sucrées, espiègles, touchantes ou enjouées, les voix des deux sœurs traversent des paysages pop, folk et indie flirtant parfois avec l’acoustique. Quelques claviers viennent de temps à autre « power popiser » l’ensemble sur des tempos généralement doux (« The Con », « Knife Going In »). Pas de fioritures donc et des paroles personnelles qui prennent tout leur sens lorsque la musique s’efface derrière le chant. Il faut écouter l’album à plusieurs reprises pour ressentir toute l’émotion de ces petites mélodies sans prétention mais diablement subtiles (« Floorplan »). On s’arrêtera sur les imparables « Back in Your Head », ou encore le touchant « Nineteen » qui vous accrochent sans jamais vous lâcher.
J'ai gardé la chanson titre de l'album, The Con, pour la fin, tout simplement parce que j'adore ce titre. C'est difficile d'expliquer pourquoi, et j'en connais beaucoup qui n'hésiteront pas à dire que c'est de la soupe, mais je suis amoureux de ce morceau, de sa structure, de la voix, des paroles, de l'interprétation... [2] Il s'agit du deuxième single (et accessoirement du titre qui m'a permis de découvrir le duo), et sans doute le morceau le plus "produit", sans pour autant perdre son charme. On retrouve une trame commune avec les autres titres de l'album : une interprétation impeccable qui fait vraiment passer les émotions, jouant sur toute la gamme possible, sur des mélodies et des rythmes qui changent de ceux qu'on à l'habitude d'entendre.
Notons les apparitions de Matt Sharp (Death Cab For Cutie) et de Hunter Burgan (AFI), gages certains de qualité pour ce petit bijou d’à peine 36 minutes. Toujours dans la veine de leurs précédents albums, Tegan and Sara agitent nos tympans de droite à gauche puis de gauche à droite, lentement, fraichement, sûrement. Les sœurettes restent fidèles à leur pop/indie subtile.
Tegan and Sara - The Con
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Tegan and Sara - Burn Your LIfe Down
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Album : tagan and sara - the con - Label : Superclose Music
http://www.teganandsara.fr/
http://www.myspace.com/teganandsara
http://www.teganandsara.com/
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jeanphilippe56
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5/28/2008 12:25:00 PM
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